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Devant le Comité économique et social européen, le ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, Nicolas Schmit, présente les priorités de la Présidence luxembourgeoise

cese-schmit1Le 1er juillet 2015, premier jour de la douzième Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne (UE), le ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, Nicolas Schmit, s’est rendu à Bruxelles afin de présenter les priorités de la Présidence lors de l’ouverture de la session plénière du Comité économique et social européen (CESE).

En guise d’introduction, le ministre a indiqué que le Luxembourg prenait la Présidence à un "moment critique pour l’Union", où la croissance est certes en train de reprendre, mais où elle est fragile et peut subir des chocs internes et externes. "La crise sociale est encore présente en Europe [et] il faut la prendre à bras le corps". "L’Europe ne peut pas être associée aux notions de désespoir, d’échec et de désunion", a-t-il encore dit.

Le ministre, qui exclut la possibilité d’une "Europe qui en cours de route perde un Etat", estime qu’il faut aujourd’hui "se reconcentrer sur l’essentiel, sur ce qui nous unit". "L’Europe n’a pas été construite pour punir mais c’est un formidable projet où tous les Etats membres dialoguent et travaillent ensemble", a rappelé Nicolas Schmit, tout en appelant à "retrouver un nouvel élan" en Europe.

Au sujet du modèle social européen pour lequel "on nous envie dans le monde", Nicolas Schmit a appelé à "l’adapter, l’ajuster mais surtout le conserver" car c’est un "atout pour l’inclusion, pour une économie innovatrice et qui se développe". "Ce dont nous avons besoin, c’est de la cohésion sociale et nous devons travailler à cette cohésion sociale, a encore dit le ministre, soulignant la nécessité que les Européens retrouvent de la cohésion économique, politique et sociale.

Les priorités de la Présidence luxembourgeoise

Nicolas Schmit a ensuite détaillé les priorités de la Présidence, au nombre de sept, insistant plus particulièrement sur les dimensions économique et sociale.

Au sujet de la première priorité, libérer l’investissement pour la croissance et l’emploi, le ministre a indiqué que l’économie européenne devait être plus efficace et qu’il y avait en ce moment un retard d’investissement en Europe. Dans ce contexte, Nicolas Schmit a salué le plan d’investissement Juncker comme étant une "excellente base pour relancer l’investissement dans l’UE". Si ce plan permet à l’Europe de retrouver le chemin de la croissance et de la confiance, il faudra néanmoins aller plus loin, a poursuivi le ministre. Il faudra soutenir les investissements publics et privés, les investissements dans la recherche et la création d’entreprise, dans les infrastructures publiques, notamment sociales, et encourager l’innovation. Au sujet des PME, Nicolas Schmit a indiqué que l’Europe devait leur donner les moyens de se développer, car elles sont "la colonne vertébrale de beaucoup de nos pays et de l’économie européenne".

Nicolas Schmit est ensuite revenu sur une autre priorité de la Présidence luxembourgeoise, à savoir le renforcement de la dimension sociale européenne. Il est important aux yeux du ministre de "remettre le social dans le projet européen", alors que cette dimension a trop souvent "été mise à l’écart, négligée, voire opposée à l’économie".  

Tout en indiquant que la Présidence soutiendra l’idée lancée par le président de la Commission européenne d’une Europe "triple A social", le ministre a estimé qu’il s’agissait de définir plus précisément ce concept, auquel il appartient de "donner un contenu et une méthode".

"On ne peut pas avoir bonne gouvernance économique sans dimension sociale forte", a-t-il par ailleurs souligné, estimant être "resté sur sa faim" en lisant le rapport des cinq présidents sur l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM). Selon lui, le social n’y est "pas traité à sa juste valeur" et le rapport devra donc "être corrigé et amendé". A ce sujet, Nicolas Schmit a d’ailleurs annoncé la tenue d’un débat dédié à cette thématique lors de la réunion informelle du Conseil EPSCO, le 16 juillet 2015.

Le ministre a aussi abordé le sujet du chômage, considéré comme "la plaie de l’Europe", et a souligné la volonté de la Présidence de "consacrer plus d’attention à la question de l’emploi", en particulier des jeunes, sans pour autant "négliger les autres groupes vulnérables".  Si l’introduction de la Garantie pour la jeunesse est à cet égard un "premier pas", elle n’est selon Nicolas Schmit pas suffisante. Il s’agit "de la renforcer et d’en élargir les champs d’action", a-t-il poursuivi, annonçant l’intention de la Présidence de soumettre un papier de réflexion à ses partenaires qui mette l’accent sur deux volets, à savoir la formation et la création d’emploi.

Nicolas Schmit est encore revenu sur la Stratégie Europe 2020, qui devrait selon lui être renforcée, alors que ses objectifs, en particulier en matière de réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale, "n’ont pas été atteints". Le ministre a par ailleurs annoncé que la Présidence prévoyait une grande conférence début décembre 2015 sur l’économie sociale, "un pilier à renforcer dans l’intérêt de la croissance et de l’emploi".

Nicolas Schmit a encore évoqué plusieurs autres priorités, comme la révolution technologique en cours qui doit être considérée comme une "chance". La réussite dans ce domaine dépendra selon lui de la qualité des investissements, à la fois dans les infrastructures, mais "obligatoirement" aussi dans les connaissances.

cese-schmit2Le ministre a aussi évoqué le sujet des migrations, jugeant que les Européens avaient défini "l’amorce" d’une solution qui "reste à développer". Selon Nicolas Schmit, il s’agit là d’une question urgente, qui touche à la fois à des aspects techniques, aux sensibilités politiques, et aux valeurs. "La Présidence fera tout pour que l’on arrive à une solution ambitieuse", a-t-il dit. Dans ce contexte, il a annoncé que les trois ministres du Travail des pays du Maghreb, seraient invités au Conseil EPSCO informel du 16 juillet pour discuter du sujet avec les 28 Etats membres.

Nicolas Schmit a également évoqué le renforcement du marché intérieur selon lui "négligé" et dont il s’agit de "redécouvrir les vertus (…) car c’est une de ses sources de croissance". De même, le ministre a évoqué la mise à jour de l’accord interinstitutionnel "Mieux légiférer". Se disant favorable à une réglementation plus transparente, plus claire, et avec moins de lourdeurs bureaucratiques,  il a jugé que les négociations devraient aboutir à un accord qui respecte les règles, les compétences des uns et autres, et assure une efficacité économique, sociale et environnementale.

En ce qui concerne la promotion du développement durable, le ministre a insisté sur le fait que le Luxembourg avait un grand rendez-vous : la conférence sur le climat ou COP21 qui se déroulera à Paris en décembre 2015. Nicolas Schmit a assuré que la Présidence allait s’investir avec tous les acteurs pour trouver une solution car il y va de la survie de la planète. "L’Europe a la capacité de faire bouger les lignes et j’ai l’espoir que l’on parvienne à un accord", a-t-il dit.

Sur le renforcement de la présence de l’UE dans le monde, Nicolas Schmit a indiqué que le Luxembourg travaillerait "main dans la main avec la Haute- Représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, et sur tout ce qui engage la sécurité de l’Europe".

Enfin, interrogé sur le sujet de la mobilité des travailleurs, et en particulier dans le contexte de la directive détachement, une question qu’il juge "extrêmement sensible pour  les salariés, les syndicats et les entreprises", le ministre s’est dit "bien conscient du problème, puisque la question est abordée uniquement du point de vue de la libre prestation". Il a pointé des "lacunes manifestes puisque l’équilibre nécessaire avec le principe de non-discrimination sociale" n’est pas assuré. Il a encore dit espérer "des propositions constructives et équilibrées de la Commission européenne sur cet aspect fondamental".

  • Mis à jour le 01-07-2015