Développement
Ministres au Parlement européen

Devant les eurodéputés, Nicolas Schmit a dressé le bilan de l’Année européenne pour le développement

02-12-2015

© European Union 2014 - EP
Le ministre Nicolas Schmit, en charge des relations avec le Parlement européen au cours de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'Union européenne (UE), est intervenu le 2 décembre 2015 devant la plénière de l’assemblée réunie à Bruxelles lors d’un débat sur l’Année européenne pour le développement. A quelques jours de la cérémonie de clôture qui se tiendra le 9 décembre 2015 à Luxembourg, en marge de la réunion informelle des ministres de la coopération au développement, Nicolas Schmit a prononcé une déclaration du Conseil sur la mise en œuvre et le bilan de l’Année européenne et a salué un "exemple d'excellente collaboration entre les institutions de l'Union européenne, les États membres, la société civile, le secteur privé et tous ceux qui sont concernés par le développement".

Nicolas Schmit a commencé par évoquer la "programmation exceptionnelle" qui avait été mise en place afin de mettre en lumière les résultats obtenus par l'Union européenne, agissant avec les États membres, en tant qu'acteur mondial et premier pourvoyeur mondial d'aide publique au développement. A cet égard, il a cité des "événements-phares", tels que la séance inaugurale à Riga le 9 janvier 2015 ou le débat, à Bruxelles, le 27 mai 2015 sur l'agenda Post-2015 avec des jeunes, en présence du Secrétaire-Général des Nations unies, Ban Ki-moon.    

Il s’est félicité qu’un "grand nombre d'États membres ont également organisé dans leur pays une inauguration officielle de l'Année européenne pour le développement, en présence des plus hautes autorités, témoignant ainsi de leur engagement en faveur de la coopération au développement et attirant les projecteurs des médias nationaux".         

Le ministre a encore rappelé que dans chacun des Etats membres, "une multitude d'activités" ont été réalisées afin de d'encourager la participation directe des citoyens européens et susciter leur réflexion critique dans le domaine du développement. Si l’UE a travaillé "main dans la main" avec les autorités régionales et locales, avec la société civile, les acteurs de l'enseignement, de la culture et de la recherche, le secteur privé a aussi était impliqué, a souligné Nicolas Schmit.

L'année 2015 aura été une année emblématique et riche en événements internationaux directement liés au développement durable, a encore noté le ministre, citant l'exposition universelle de Milan, l'assemblée générale des Nations unies au cours de laquelle l'Agenda 2030 pour le développement durable a été adopté, la Conférence sur le financement du développement à Addis Abeba ou encore la Conférence sur les changements climatiques (COP 21) à Paris.

Le ministre a salué le fait que cette initiative ait permis de sensibiliser l'opinion publique aux avantages de la coopération au développement, non seulement pour les bénéficiaires, mais également pour les citoyens de l'Union, et de mieux faire comprendre le concept de la cohérence des politiques au service du développement. "Le développement est la clé", a-t-il dit, réaffirmant que "la lutte contre la pauvreté et contre le désespoir qui poussent les gens à quitter leurs pays dans les pires conditions" était une "grande priorité".

En conclusion du débat, Nicolas Schmit a noté que si l'Année européenne pour le développement est sur le point de s'achever, "nos efforts pour éradiquer la pauvreté et créer un monde un peu plus juste et plus pacifique doivent se poursuivre et s'intensifier". Il a souligné l’importance de la coopération au développement à l’heure où près de 1,3 milliard de personnes vivent encore dans une pauvreté extrême et où les pays en développement sont particulièrement touchés par les effets du changement climatique.

Le commissaire à la Coopération internationale et au développement, Neven Mimica, s’est félicité d’une "année de partenariat, d’innovation et de mise en réseaux d’expériences" et a appelé à "travailler main dans la main pour promouvoir le développement au-delà du 31 décembre de cette année". S’il a salué l’adoption de l’agenda d’Adis Abeba et de l’agenda 2030, il a dit espérer aussi un agenda climatique ambitieux résultant de la COP21.

L’intervention des groupes politiques

Plusieurs groupes politiques se sont félicités du déroulement de cette année mais ont appelé à poursuivre ces efforts au-delà de 2015. Davor Ivo Stier (PPE) a rappelé l’importance de se doter de stratégies de développement efficaces tout en s’attaquant aux causes de la migration que sont la pauvreté, la violation systématique des droits humains et la corruption dans les pays avoisinants. Pour lui, "ce qui compte maintenant, c’est la mise en œuvre de l’agenda 2030".

Linda McAvan (S&D) s’est félicitée que l’UE ait "agi" et obtenu un accord à Addis-Abeba. Elle a dit espérer un accord à la COP21 à Paris et a souligné la nécessité que "les résultats suivent" dans les prochaines décennies.

Pour Charles Goerens (ALDE), l’Année 2015 aura été une réussite. L’eurodéputé a salué "l’indispensable contribution du développement à la résolution de nos problèmes" et a appelé à "persévérer dans le voie tracée en 2015". Il a cependant regretté la tendance de certains à "promouvoir le principe de l’indifférence".

Du côté de la gauche radicale et des écologistes, les députés ont surtout mis en avant l’importance de ne pas se reposer sur ses lauriers et de traduire les nombreux engagements de l’année 2015 en matière de développement dans les faits, mais également d’assurer la cohérence des politiques. Lola Sánchez Caldentey (GUE/NGL)  a notamment appelé à "arrêter de reprendre d’une main ce que l’on donne de l’autre, ce que l’on fait avec la politique commerciale", tandis que Maria Heubuch (Verts/ALE) appelait à "modifier notre comportement" et à "penser aux intérêts de tous".

Plusieurs groupes politiques ont en revanche critiqué l’action de l’UE dans le domaine du  développement, et notamment ses dépenses dans ce contexte. Richard Sulík (ECR) a ainsi pointé "l’échec" des projets de développement et des dépenses "marketing" jugeant par ailleurs "irréaliste" le fait de demander à certains Etats membres endettés de dépenser annuellement 0,7 % de leur PIB. Un propos appuyé par Ignatio Corrao (EFDD) qui a estimé impossible de tirer un bilan positif de cette année qui a vu l’utilisation de ressources "pour faire de la publicité" tandis qu’on n’a pas démontré dans les faits l’importance de l’aide au développement. Olaf Stuger (ENF) a également estimé que l’UE dépensait "beaucoup d’argent" dans ce domaine, mais que les effets n’étaient pas mesurables puisque cet argent allait selon lui directement dans la poche de dictateurs "qui peuvent ainsi se maintenir au pouvoir".

  • Mis à jour le 03-12-2015