Emploi, politique sociale, santé et consommateurs
Ministres au Parlement européen

Nicolas Schmit a présenté les priorités de la Présidence luxembourgeoise devant la commission EMPL du Parlement européen

16-07-2015

Nicolas Schmit, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, devant la commission EMPL
© European Union 2015 EP
Le ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, Nicolas Schmit a présenté le 15 juillet 2015 les priorités de la Présidence luxembourgeoise en matière d’emploi et de politique sociale devant la commission "Emploi et affaires sociales" (EMPL) du Parlement européen réunie à Bruxelles.

"L’Europe sort sûrement d’une des plus graves crises économiques et financières depuis la crise de 29", a déclaré le ministre en introduction. Il a expliqué que dans beaucoup de pays, cette crise a muté vers une crise sociale, qui s’illustre aujourd'hui par le nombre de chômeurs élevé dans l’UE, avec un taux de chômage supérieur à 10 %, soit près de 25 millions de personnes, dont 5 millions de jeunes.

Dans ce contexte, il est "absolument urgent" de restaurer la dimension sociale dans la construction européenne, a souligné Nicolas Schmit, avant de détailler les priorités de la Présidence luxembourgeoise en la matière.

Renforcer la dimension sociale dans la gouvernance de l’UE, notamment économique

La Présidence luxembourgeoise entend renforcer la dimension sociale dans la gouvernance de l’UE, notamment économique. Ce point figure à l’ordre du jour de la réunion informelle des ministres de l'Emploi, des Affaires sociales et de l'Égalité des chances le 16 juillet 2015. Les ministres discuteront du rôle du Conseil EPSCO dans la gouvernance économique et sociale de l’UE. "Nous sommes certes impliqués dans le semestre européen, mais il s’agit plus d’une implication formelle que d’une vraie implication profonde", a regretté le ministre.

Dans le rapport des 5 présidents, le social est mentionné "sous un angle particulier" et "il n’y a aucune indication sur comment traiter dans la gouvernance de l’Union économique et monétaire les grandes questions sociales telles que l’emploi, la pauvreté, la précarité ou l’emploi des jeunes", a encore pointé le ministre qui avait abordé la question la veille devant la commission AFCO.

Ainsi, la Présidence entend "se pencher sur ce volet" et "voir comment réellement opérer pour arrimer la dimension sociale à la gouvernance".

L’emploi

Nicolas Schmit a souligné que la création d’emplois, spécialement ceux de qualité, est d’abord "une question de bonne politique macroéconomique". A ses yeux, le problème du chômage des jeunes et de l’emploi des jeunes n’est pas encore résolu. "Le fait qu’il y ait cinq millions de jeunes au chômage, avec beaucoup de jeunes chômeurs de longue durée dans certains pays, constitue une bombe à retardement", a signalé le ministre, qui estime que ce problème doit être abordé différemment. "Nous avons fait un bon travail pour la garantie jeunesse, mais il faut aller plus loin, car nous n’allons pas créer d’emplois à partir de celle-ci", a expliqué le ministre. Nicolas Schmit estime que l’accent doit être mis sur la création d’emplois et sur la formation. "Il faut penser au-delà de la garantie jeunesse et développer une vraie politique pour la jeunesse", a-t-il déclaré. En réponse à une question d’un eurodéputé, Nicolas Schmit a par ailleurs souligné l’importance d’encourager les jeunes à créer leur propre entreprise.

Pour Nicolas Schmit, la transition entre le système scolaire et le monde de travail doit être mieux agencée. Il a salué les amendements introduits par le Parlement européen au programme d’investissement de la Commission qui visent plus d’apports dans les investissements sociaux et dans la formation.

Le ministre a salué la volonté de la  Commission de proposer d’autres initiatives pour lutter contre le chômage de longue durée. "Plus la durée du chômage est longue, plus les chômeurs auront des difficultés à trouver un emploi", a-t-il souligné.

Le monde du travail

Pour Nicolas Schmit, le monde du travail, "trop négligé", se trouve "dans un changement absolu à plusieurs égards".

A ses yeux, les conditions de travail et la santé au travail, un domaine où "l’Europe a été pionnière", doivent être appréciées à leur juste valeur, pour des raisons humaines, mais aussi pour des raisons économiques. "Quand nous disons aujourd'hui que les gens doivent rester plus longtemps dans l’emploi, ils ne le font que si la santé au travail, de bonnes conditions de travail et aussi la sécurité sont garanties", a signalé le ministre. C’est pourquoi la Présidence luxembourgeoise va proposer des conclusions au Conseil sur ce sujet.

Nicolas Schmit estime en outre que l’UE n’a pas encore "pris la mesure" des transformations en cours liées à l’économie numérique, qui peuvent soit transformer, soit faire disparaître certains emplois. "La mutation du marché de l’emploi est très profonde et très rapide", a signalé le ministre. La Présidence luxembourgeoise entend  organiser en novembre "une grande conférence avec toutes les parties intéressées – les industriels, les syndicats, les consommateurs, les ministres, etc. – pour analyser les conséquences de cette révolution numérique sur le marché de l’emploi", a annoncé le ministre. " Ce qui est important, c’est de former, d’éduquer, de préparer ces grandes transitions", a-t-il souligné.

L’économie sociale et solidaire

Nicolas Schmit a indiqué que la Présidence veut "donner une nouvelle impulsion" à l’économie sociale et solidaire. "Je crois que l’économie sociale n’est pas LA solution aux problèmes de fracture sociale et de chômage, mais peut contribuer aux solutions", a-t-il dit.

EURES, travail non déclaré

La Présidence espère par ailleurs pouvoir conclure les trilogues sur la réforme du réseau européen de services de l'emploi EURES et sur la plateforme contre le travail non déclaré.

Pays voisins

"L’Europe doit regarder un peu plus loin – nous avons beaucoup de problèmes chez nous, mais les problèmes de nos voisins sont aussi nos problèmes", a déclaré Nicolas Schmit, faisant référence aux jeunes maghrébins sans emploi qui risquent de rejoindre les organisations terroristes, ou décider d’émigrer. C’est pourquoi plusieurs ministres du Travail du Maghreb ont été invités à la réunion informelle du 16 et 17 juillet, pour voir "comment améliorer la formation professionnelle et comment permettre aux jeunes de trouver des jobs, qui souvent existent", mais qui ne correspondent à leurs qualifications.

Directive détachement

En réponse à une question d’un eurodéputé sur les travailleurs détachés, Nicolas Schmit a indiqué qu’améliorer le marché du travail, "c’est aussi veiller au respect des règles pour ceux qui par exemple, sont détachés". Il a souligné l’importance de la mise en œuvre de la directive relative au détachement des travailleurs, et estime qu’il faut "permettre aux Etats d’exercer les contrôles nécessaires". "L’Europe doit lutter contre le dumping social", a poursuivi le ministre, qui estime que ceci permettrait de renforcer "le volet mobilité" dans l’UE.

  • Mis à jour le 28-08-2015