Environnement
Réunion ministérielle informelle

La réunion du Major Economies Forum on Energy and Climate (MEF) au Luxembourg qualifiée de bonne et constructive en vue de la COP21

19-07-2015

Carole Dieschbourg, ministre de l'Environnement, et Todd Stern, envoyé spécial des États-Unis pour le changement climatique
(c) eu2015lu.eu
Les 18 et 19 juillet 2015, le Major Economies Forum on Energy and Climate (MEF) s’est réuni à Mondorf-les-Bains au Luxembourg. La réunion a été coprésidée par la ministre luxembourgeoise de l’Environnement, Carole Dieschbourg, qui préside actuellement le Conseil "Environnement" de l’Union européenne, ainsi que Caroline Atkinson, conseillère des Etats-Unis d'Amérique pour les affaires économiques internationales (sherpa G8-G20), et Todd Stern, envoyé spécial des USA pour le changement climatique.

Le MEF compte 17 participants fixes: Australie, Brésil, Canada, Chine, UE (représentée par la Commission et la Présidence), France, Allemagne, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Corée du Sud, Mexique, Russie, Afrique du Sud, Royaume-Uni, États-Unis. Ils représentent 80 % des émissions mondiales des gaz à effet de serre. À cela s’ajoutent des pays observateurs. Les États étaient représentés en grande majorité au niveau ministériel.

Le MEF est une plateforme créée à l’initiative du Département d’Etat, le Ministère des Affaires étrangères des États-Unis d’Amérique. Elle a été lancée en 2009 pour faciliter le dialogue entre les principaux pays développés et les pays en développement sur les négociations concernant le changement climatique. En vue de la conférence sur le changement climatique COP21 à Paris, quatre réunions du MEF sont prévues, dont une s’est tenue au Luxembourg.

Lors de la conférence de presse à l’issue des discussions, la ministre luxembourgeoise de l’Environnement, Carole Dieschbourg, a parlé d’une réunion qui avait donné lieu à de "bonnes propositions". Ce qu’il faut selon elle, c’est un accord-cadre contraignant, dynamique, transparent et résilient. Pour y arriver, "il faut maintenant accélérer les négociations et donc voir quelles sont les options politiques possibles".

Dans ce sens, la réunion au Luxembourg a été selon la ministre "productive", bien que des "opinions différentes" y aient été émises. Elle a rappelé que l’Union européenne est en faveur d’un accord qui soit juridiquement contraignant, tant en ce qui concerne les objectifs de réduction des émissions de gaz de serre qu’en ce qui concerne la responsabilité, le reporting et la transparence.     

Todd Stern s’est pour sa part félicité d’une réunion "très bonne et très constructive", saluant la méthode légèrement différente choisie cette fois-ci et qui a selon lui permis de se concentrer sur quelques enjeux en vue d’essayer de "développer une approche commune et de la convergence". Sur le fond, s’il a admis que des désaccords existent, la discussion a permis d’enregistrer des progrès.

L’envoyé spécial des USA pour le changement climatique a relevé que les deux journées de travail avaient permis d’aborder trois problématiques au cours de quatre sessions. Une première a ainsi été consacrée à "l’adaptation", deux à la réduction des émissions ("mitigation") et une dernière à la transparence. Les différents représentants des Etats ont par ailleurs débattu de la problématique du soutien financier lors d’un dîner de travail, a encore noté Todd Stern.

En réponse aux questions des journalistes, l’envoyé spécial a indiqué que les discussions s’étaient concentrées sur les éléments qui devraient être intégrés dans l’accord et sur leur caractère juridiquement contraignant ou non. Il a noté que pour les USA, qui souhaitent l’accord "le plus ambitieux possible", les objectifs en matière de réduction de CO2 ne devraient pas être contraignants, mais que tous les éléments en matière de transparence, de rapport et de vérifications devraient au contraire l’être. Il a par ailleurs estimé que l’accord devait inclure dans son architecture la possibilité de mise à jour régulière ainsi que d’examens "individuels et collectifs". Enfin, Todd Stern a encore souligné que l’objectif du futur accord de Paris devait être de "faire la différence". Il devra être "un signal de départ fort" pour répondre à l’enjeu du changement climatique, a-t-il poursuivi.

Pour rappel : Le Conseil "Environnement" du 5 mars 2015 a confirmé que l'UE et ses États membres s'engagent à respecter conjointement un objectif contraignant consistant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l'UE d'au moins 40 % d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990, conformément à ce qui est indiqué dans les conclusions du Conseil européen d'octobre 2014. Cet objectif contraignant porte sur tous les secteurs de l’économie et toutes les sources d’émissions, y compris l’agriculture, la foresterie et autres utilisations des terres. Lors du Conseil "Environnement" du 15 juin 2015, les ministres de l’Environnement de l’UE avaient fait part de leurs préoccupations quant à la lenteur des négociations. Ils avaient émis l’espoir que "la Conférence adoptera un accord juridiquement contraignant applicable à toutes les parties et compatible avec l'objectif d'une hausse de la température inférieure à 2 °C et avec les décisions connexes de la Conférence des parties." La ministre avait à l’issue de cette réunion du Conseil réitéré son souhait que l’accord à la Conférence de Paris devrait être "contraignant, dynamique, transparent et révisable tous les cinq ans".

  • Mis à jour le 20-07-2015