Compétitivité
Réunion ministérielle informelle

Conseil informel Compétitivité – Les ministres européens en charge de la Recherche ont souligné l’importance de développer une "culture de l’intégrité" et promouvoir l’égalité des genres dans la recherche

21-07-2015

Les ministres en charge de la Recherche se sont retrouvés le 21 juillet 2015 pour le volet "recherche" de la réunion informelle des ministres responsables pour la Compétitivité qui avait démarré la veille à Luxembourg. Présidée par Marc Hansen, secrétaire d’État à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, la réunion était dédiée à l’intégrité de la recherche et à l’égalité des chances dans la recherche.

Marc Hansen souligne l’importance de développer une "culture de l’intégrité de la recherche"

Carlos Moedas et Marc Hansen à Luxembourg le 21 juillet 2015
© eu2015lu.eu / Luc Deflorenne
Les délégations ont largement soutenu les efforts de la Présidence luxembourgeoise pour stimuler une conduite responsable de la recherche qui couvre l’intégralité du cycle de recherche et innovation, de l'idée initiale au produit final, a affirmé le secrétaire d’Etat à l’issue de la réunion. "La nécessité de renforcer la confiance entre la science, la société et les décideurs politiques, allant croissante, il est essentiel que la culture des meilleures pratiques fasse partie intégrante du fondement de l'intégrité de la recherche", a-t-il ajouté.

Il a été question de développer des processus et structures de promotion de l’intégrité de la recherche, qui devraient permettre d’éviter les manquements à l’intégrité et garantir la cohérence, l’équité et la transparence dans toutes les activités d’investigation de cas d’inconduite. L’accent a été mis sur la prévention des inconduites et sur "la formation, à tous les niveaux de développements de la carrière du chercheur", a expliqué Marc Hansen.

Aux yeux du secrétaire d’Etat, le développement de "lignes directrices plus harmonisées" en matière d’intégrité de la recherche, basés sur des codes de conduite européens qui existent déjà, constituera "une véritable valeur ajoutée pour une recherche d’excellence". Un tel code de conduite devrait couvrir les responsabilités au niveau du chercheur individuel et institutionnel. Les codes nationaux devraient aller de pair avec les codes au niveau européen, notamment dans le cadre du programme de recherche et d'innovation de l'UE Horizon2020. "Il ne s’agit pas de reproduire ce qui a déjà été réalisé, mais de trouver un dénominateur commun", a précisé Marc Hansen.

Comme "il existe un large consensus que la formation est le meilleur outil de prévention", la création d’un réseau européen de formateurs de l’intégrité de la recherche pourrait être prise en considération, a estimé Marc Hansen. En outre, il faudrait explorer des pistes en vue d'éliminer "les incitations à effet pervers menant à l’inconduite", par exemple en mettant l’accent "plutôt sur la qualité que sur la quantité des publications scientifiques et des résultats de la recherche en général".

Le commissaire européen en charge de la recherche, des sciences et de l’innovation, Carlos Moedas, a pour sa part souligné que cela a été la première fois que l’UE a débattu de la question de l’intégrité en matière de recherche et que le débat a été "riche". Il a évoqué "les conséquences néfastes des manquements à l’intégrité pour la santé, l’environnement et la confiance des citoyens dans la science". D’où l’importance pour lui d’accorder aux pairs des chercheurs un accès aux données et aux résultats pour les vérifier. Comme il n’existe pas de ligne de conduite commune dans l’UE en la matière, la Commission veut proposer avant la fin de 2015 un "dénominateur commun" tout comme des outils de formation.

Promouvoir l’égalité des genres dans la recherche et l’innovation

Marc Hansen, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche et Berthold Berger, directeur en charge de la compétitivité au sein du Secrétariat général du Conseil
© eu2015lu.eu/Luc Deflorenne
"A compétences égales, chances égales, sans distinction de sexe !", a déclaré Marc Hansen, rappelant que dans ses priorités, la Présidence luxembourgeoise met un accent particulier sur l’augmentation du taux d’emploi féminin et sur une représentation équilibrée entre femmes et hommes dans la prise de décision politique et économique en tant que facteurs de compétitivité. La concurrence pour recruter les meilleurs talents se jouant au niveau mondial, l’Europe doit selon lui avoir recours à "l’intégralité de son pool de capital humain bien formé".

Or, les statistiques indiquent qu’il y a "une sous-représentation évidente" des femmes à des postes à responsabilités ainsi que dans l'implication dans la prise de décision, spécialement dans le domaine de la recherche, où "les femmes dans les postes à responsabilité sont clairement en minorité", a regretté le secrétaire d’Etat. Selon les chiffres avancés par Carlos Moedas, 47 % des diplômés de l’université sont des femmes, mais seulement 33 % des chercheurs, 20 % des professeurs d’université et 10 % des recteurs d’université sont des femmes.

Les délégations nationales ont soutenu les efforts de la Présidence de mettre un accent particulier sur des actions concrètes pour promouvoir l’égalité des genres dans la recherche et de l’innovation. Des plans d’égalité entre les genres doivent ainsi permettre d’atteindre des changements réels au niveau institutionnel et favoriser le recrutement ouvert, basé sur des procédures d’évaluation et de sélection transparentes, non-discriminatoires et fondées sur l’excellence. "Le but visé est de faire de réels progrès pour atteindre un meilleur équilibre entre hommes et femmes dans des postes à responsabilité et de direction", a expliqué Marc Hansen.  

Pour le secrétaire d’Etat, un échange de bonnes pratiques et un suivi régulier de la mise en œuvre des actions prises aux niveaux national et européen, des objectifs fixés ainsi que des évaluations d’impact des politiques, sont nécessaires, à côté d’une intégration éventuelle de la dimension du genre dans les réformes politiques.

Pour Carlos Moedas l’égalité des genres dans le domaine de la recherche et de l’innovation est centrale. "Sans égalité, la recherche européenne ne peut prétendre à être une référence globale", a-t-il dit. A ses yeux, il faut un "changement institutionnel" concret dans les universités pour lequel la Commission veut livrer des pistes dans sa stratégie pour l’égalité des genres tout comme dans ses nouvelles priorités en matière de recherche et d’innovation qui sera basée sur trois axes : une science ouverte une innovation ouverte et une ouverture sur le monde.          

  • Mis à jour le 21-07-2015