Affaires économiques et financières - Compétitivité
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Le Premier ministre Xavier Bettel a reçu la présidente de l’organisation patronale BusinessEurope, Emma Marcegaglia

21-07-2015

Le Premier ministre Xavier Bettel et la Présidente de BusinessEurope Emma Marcegaglia le 21 juillet 2015
© SIP/Zineb Ruppert
Le Premier ministre Xavier Bettel a reçu le 21 juillet 2015 dans le contexte de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'UE la présidente de l’organisation patronale BusinessEurope, Emma Marcegaglia. Plusieurs sujets ont été abordés : la situation en Grèce, le renforcement de la politique industrielle en Europe et la future gouvernance économique de l’Union européenne (UE). L’Europe sociale, la fiscalité des entreprises et la réforme du système d’échange de quotas d’émission (ETS) ont également fait l’objet de discussions.

Au sujet de la Grèce, Xavier Bettel et Emma Marcegaglia ont été unanimes pour dire que la Grèce devait rester dans la zone euro. Pour la présidente de BusinessEurope, le compromis trouvé est "bon mais pas parfait". Il s’agit de trouver un "bon équilibre entre solidarité et responsabilité", "aider la population grecque mais aussi les entreprises grecques qui souffrent énormément après deux semaines de fermeture des banques", a-t-elle ajouté. Emma Marcegaglia a également rappelé qu’il était important que la Grèce continue d’attirer les investissements industriels et économiques.

En matière de compétitivité, Xavier Bettel a souligné l’importance d’une "économie forte et compétitive", tout en appelant à respecter les normes sociales et à lutter contre le dumping social et le chômage. Emma Marcegaglia a rappelé que l’Europe avait perdu sa capacité à être compétitive sur le marché international pendant la crise, et souligné que l’UE attirait 42 % des investissements étrangers en 2000 contre 22 % seulement aujourd’hui.

Quant à la Conférence sur les changements climatiques (COP 21) qui aura lieu en décembre à Paris, le Premier ministre a estimé qu’elle devrait être un "succès". "La lutte contre le changement climatique est un défi mondial", a-t-il souligné, en insistant sur la nécessité de lutter contre le "dumping écologique". "Certains pays ne se soucient pas des règles relatives aux questions écologiques afin de faire du profit, ce n’est pas acceptable", a-t-il expliqué, ajoutant qu’il fallait des "règles communes" et un "level playing field" au niveau mondial.

Pour la présidente de Business Europe en revanche, il est "important de trouver un accord à Paris, mais celui-ci devra garantir la compétitivité des entreprises". "Si nous faisons des choix qui pénalisent trop les entreprises européennes, les investissements se tourneront vers l’étranger", a-t-elle ajouté.

Au sujet du dumping écologique, Xavier Bettel a encore déploré le fait que certaines entreprises quittent l’Europe pour l’Afrique afin d’éviter un traitement coûteux de déchets. "Des produits toxiques sont ainsi lâchés dans des rivières où des enfants se baignent", a-t-il dénoncé.

Un autre sujet au centre des discussions était la réforme du système d’échange de quotas d’émission pour laquelle la Commission européenne a présenté une proposition le 15 juillet 2015. Cette réforme prévoit notamment d'accélérer le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre l'objectif d'une réduction d'au moins 40 % des émissions à l'horizon 2030 et de limiter la quantité totale de quotas d'émission qui seront alloués annuellement. Xavier Bettel a estimé que l’Europe devait être plus ambitieuse que d’autres régions du monde : "si nous ne faisons pas preuve d’ambition, d’autres continents ne seront pas ambitieux du tout.", a-t-il dit. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de "trouver un bon équilibre entre compétitivité et environnement" et d’éviter de "détruire notre industrie".

Pour Emma Marcegaglia en revanche, la proposition de la Commission va "gravement nuire à la compétitivité des entreprises énergivores". "Nous avons demandé au Conseil et au Premier ministre de réévaluer cela car sans les allocations gratuites, les entreprises fortement énergivores vont devoir quitter l’Europe", a-t-elle ajouté. "Pour nous, cette proposition ne permettra pas à la compétitivité européenne de survivre", a-t-elle conclu.

Enfin, au sujet du partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP), Xavier Bettel a jugé qu’il fallait plus de transparence. "Le TTIP n’est plus dans une boîte noire et c’est dans l’intérêt du citoyen", a-t-il dit.

Emma Marcegaglia a pour sa part jugé qu’un accord avec les Etats-Unis sera "très important, pas tant pour les multinationales mais pour les petites et moyennes entreprises qui veulent entrer sur le marché américain".

  • Mis à jour le 22-07-2015