Le 1er juillet 2015, le Luxembourg a pris la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne pour six mois. Ce pays, l'un des plus petits mais aussi l'un des plus expérimentés d'Europe, devra faire face à de nombreux défis : la crise de la dette grecque, les questions de migration ou la préparation de la Conférence de Paris sur le climat. Le service de presse du Parlement européen a demandé aux six eurodéputés luxembourgeois ce qu'ils attendent de cette Présidence et quels sont selon eux les grands défis que le pays devra relever.
Georges Bach (PPE) : "la croissance et l'emploi sont des priorités absolues dans le domaine social"
En tant que membre de la commission des transports, il me paraît important que le quatrième paquet ferroviaire soit finalisé avec un résultat satisfaisant pour les entreprises, pour les clients mais aussi pour les employés des chemins de fer. La croissance et l'emploi sont des priorités absolues dans le domaine social. J'espère voir des mesures concrètes concernant l'emploi des jeunes, mais aussi des propositions pour lutter contre le chômage de longue durée et pour augmenter la part de femmes qui travaillent.
Frank Engel (PPE) : "rarement les défis n’ont été aussi grands"
Rarement, sinon jamais, les défis à relever n’ont été d'une densité et d'une dimension telles qu'en ce 1er juillet 2015.
Crise migratoire et disponibilité insuffisante de la moitié de l'Union pour accueillir et intégrer davantage de migrants; crise grecque à son paroxysme; un Royaume encore uni qui veut une Europe qui n'existe pas et qui menace de quitter celle que nous connaissons. Comme si cela ne suffisait pas, l'économie européenne est à court d'investissements, de dynamisme et de croissance. Redresser tout cela en six mois sera impossible. Le gérer au mieux serait dans la tradition des Présidences luxembourgeoises. Nous devrons y parvenir. Il n'y a, comme si souvent, pas d'autre choix.
Viviane Reding (PPE) : "il faut mettre en place une politique cohérente portée par tous les États membres"
Nous avons besoin de plus d'Europe. Ce n'est qu'en mettant en place une politique cohérente portée par tous les États membres que l'Europe pourra relever les défis auxquels elle fait face. Le Luxembourg doit donner cette nouvelle impulsion.
Économiquement, la création d'un marché numérique véritablement unique, l'approfondissement de l'Union économique, monétaire et financière ainsi que la conclusion d'accords commerciaux équilibrés peuvent être autant de sources de croissance et de stabilité. Politiquement, équilibrer les relations entre l'Europe et ses voisins et combattre avec fermeté les menaces extérieures dépendront du leadership que le Luxembourg sera capable d'exercer.
Mady Delvaux (S&D) : "l'Europe a besoin d'une nouvelle dynamique fondée sur plus de solidarité"
La question des migrations sera certainement un des grands défis que la Présidence luxembourgeoise devra relever. Nous avons ouvert nos frontières intérieures, nous devons maintenant aller plus loin et nous doter d'une politique commune en matière d'asile et de migration.
Rendre sa dynamique au marché intérieur que ce soit dans le numérique ou l'énergie et promouvoir l’innovation et la création européenne, voilà d’autres grands défis pour la Présidence sans pour autant oublier les questions épineuses du TTIP et de LuxLeaks.
L'Europe a besoin d'une nouvelle dynamique fondée sur plus de solidarité. Travaillons ensemble pour mettre un terme aux égoïsmes nationaux. Après avoir construit une union économique, certes imparfaite, entamons ensemble la création d'une Union au service de ses citoyens.
Charles Goerens (ALDE) : "la conférence sur la lutte contre le changement climatique de Paris constitue le grand défi pour la Présidence luxembourgeoise"
On sait déjà depuis longtemps que la conférence sur la lutte contre le changement climatique de Paris constitue le grand défi pour la Présidence luxembourgeoise. Aussi voudrait-on la voir progresser dans le dossier fiscal et sans parler de la mise en place du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS). Finalement, le succès d'une Présidence est aussi fonction de la qualité du leadership. De ce point de vue, le Luxembourg sera jugé sur sa capacité à rendre l'Union européenne un peu plus cohésive et plus cohérente.
Claude Turmes (Verts/ALE) : la Présidence devra "rapprocher tous les États Membres autour d'une position commune ambitieuse" lors de la conférence de Paris
Il nous appartient de maintenir le réchauffement climatique dans la limite de 2°C d'ici la fin du siècle. La Présidence luxembourgeoise aura la lourde responsabilité de rapprocher les 28 États Membres autour d'une position commune ambitieuse et de mener la délégation européenne lors de la conférence de Paris afin de parvenir, je l'espère, à un accord avec nos partenaires du monde entier.
Au-delà de la question climatique, la Présidence luxembourgeoise sera confrontée au défi de l'union de l'énergie. Je pense que le Luxembourg est parfaitement placé pour bâtir une coopération régionale solide, comme nous l'avons fait avec nos voisins belges et néerlandais dans le cadre du Benelux.
Cet article a été publié sur le site du Parlement européen.
