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70e Assemblée générale des Nations unies - Jean Asselborn expose la politique de la Présidence face à la crise des réfugiés et appelle à agir sur les "causes profondes des migrations et des flux de réfugiés"

01-10-2015

Dans son discours prononcé le 1er octobre 2015 devant la 70e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le ministre des Affaires étrangères et européennes, ministre de l’Immigration et de l’Asile Jean Asselborn  a abordé la question de la migration, qu’il a qualifiée de "prioritaire" pour la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne. C’est un dossier "dans lequel je m’investis complètement", a -t-il ajouté.

Nous publions intégralement cette partie du discours de Jean Asselborn qui résume de façon concise à l’adresse des représentants de tous les Etats de la planète la politique de la Présidence luxembourgeoise face à la crise des réfugiés.

Jean Asselborn devant l'Assemblée générale des Nations-Unies, le 1er octobre 2015
(c) MAEE
"Selon les données du Haut-Commissariat aux Réfugiés, nous comptons 59,5 millions de personnes déplacées, y compris les réfugiés : du jamais vu depuis 1945.

Ce flot continu de migrants, ce 'déferlement de misère humaine', pour emprunter les mots du Secrétaire général, nous met face à nos responsabilités; à nos responsabilités en tant que dirigeants politiques, en tant que membres de la communauté internationale, en tant qu’êtres humains.  

En temps de crise, des velléités unilatérales, des réflexes nationalistes voire populistes ont malheureusement tendance à réapparaître. Nous l’avons vu une nouvelle fois, tragiquement, cet été.

Mais aucun pays n’est capable d’affronter seul cette crise sans précédent des migrants et des réfugiés. Le repli sur soi n’est pas la solution.

Ce n’est que tous ensemble, pays d’origine, de transit et d’accueil des migrants, que nous saurons apporter une réponse au défi posé par les mouvements migratoires, dans le bassin méditerranéen, dans les Balkans et ailleurs. Ce n’est qu’en ancrant fermement notre action dans le respect de nos engagements internationaux que nous saurons trouver une solution digne de nos valeurs communes, les valeurs sur lesquelles sont fondées et l’Organisation des Nations Unies et l’Union européenne.

Au niveau de l’Union européenne, un premier pas a été fait avec la décision prise la semaine dernière en vue de la relocalisation au sein de l’Union de 120.000 personnes qui ont clairement besoin de protection internationale. D’autres décisions vont suivre sous peu. L’UE va répondre aux besoins urgents des réfugiés en aidant le HCR, le Programme alimentaire mondial et d’autres organismes à hauteur d’un milliard d’euros supplémentaires au moins. Nous allons accroître notre aide au Liban, à la Jordanie et à la Turquie pour faire face à la crise des réfugiés syriens. Nous allons aider les pays des Balkans occidentaux à gérer les flux de réfugiés, notamment au moyen des instruments de préadhésion.

On ne pourra toutefois se contenter de gérer la crise, d’en traiter les symptômes; il faudra s’attaquer aussi aux causes profondes des migrations et des flux de réfugiés, aux inégalités de développement, en particulier en Afrique, aux conflits et à la violence, à l’absence d’Etat de droit, aux persécutions et aux violations des droits de l’homme, à l’impunité.

Ce qui nous ramène au lien entre sécurité, développement et respect des droits de l’homme, et à la nécessité d’adopter une approche globale, intégrée, qui combine au mieux les instruments de la politique étrangère et de sécurité, du commerce, de la coopération au développement et de la migration.

Le Sommet de la Valette des 11 et 12 novembre prochains doit permettre une discussion sur une telle approche globale de la question des migrations avec nos partenaires africains, ce dont je me félicite."

  • Mis à jour le 02-10-2015