Environnement
Ministres au Parlement européen

COP21 - Camille Gira salue un "accomplissement historique" lors d’un débat du Parlement européen sur l’accord de Paris

15-12-2015

Le 15 décembre 2015, Camille Gira, secrétaire d’Etat au Développement durable et aux Infrastructures, est intervenu au nom de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE devant la plénière du Parlement européen à Strasbourg au sujet des résultats de la COP21, conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui s’est tenue à Paris du 29 novembre au 12 décembre 2015. 196 parties ont adopté un accord qui fixe, à partir de 2020, un cadre universel et contraignant visant à contenir la hausse mondiale des températures. Camille Gira a parlé d’un "accomplissement historique" et d’un accord qui fait "un grand pas en avant", tout en appelant à définir davantage encore son cadre dans les mois et les années à venir.

Camille Gira devant le Parlement européen le 15 décembre 2015
© European Union 2015 - source:EP / Marc Dossmann
Le secrétaire d’Etat a salué un accord qui est "le fruit d’une détermination politique jusque-là inégalée" et un "accomplissement historique". En effet, c'est la première fois qu’un "accord universel sur le climat qui contient l'architecture nécessaire pour maintenir le réchauffement climatique bien en deçà des deux degrés et dans lequel tous les pays du monde s'engagent à faire leur part" est adopté, a-t-il dit.  

Camille Gira a tenu à saluer la "performance exceptionnelle de la Présidence française" pour sa "patience", son "impartialité irréprochable" et sa "maîtrise de la situation" qui lui ont permis de présenter "un accord qui a non seulement recueilli le consensus mais qui est à la fois ambitieux et durable". De même, il s’est félicité de la "volonté des parties d'aller de l'avant", soulignant qu’elles ont "toujours montré le chemin en adoptant et défendant une position ambitieuse". Camille Gira a encore évoqué la "performance de l'Union européenne" qui a "parlé d'une seule voix", devenant ainsi un "partenaire incontournable dans les négociations".

Le contenu de l’accord

Au sujet de l’accord, Camille Gira a indiqué que les Parties s’étaient entendues pour maintenir le réchauffement climatique "bien en deçà des 2°C" et que même, on s ‘efforcerait de le "limiter à 1,5°C".

Il a précisé que, selon l’accord, toutes les Parties devront mettre en avant leur contribution nationale de réduction des émissions et la revoir à la hausse tous les cinq ans.

L’accord de Paris contient également des éléments très importants pour les pays en voie de développement, et surtout pour les plus pauvres et vulnérables entre eux, a ajouté Camille Gira. Il a dans ce contexte cité l'adaptation, les pertes et dommages, le renforcement des capacités et le financement.

Au sujet du financement, les pays développés se sont engagés à établir une feuille de route concrète pour atteindre les 100 milliards de dollars en 2020 et un nouvel objectif plus ambitieux devra être établi d’ici 2025, a précisé le secrétaire d’Etat, avant d’indiquer que les parties se sont mises d’accord sur un cadre de transparence qui doit "créer la confiance nécessaire que tous les pays feront ce qu'ils ont promis".

"L'accord de Paris fait un grand pas en avant", a indiqué Camille Gira en conclusion, précisant qu’il s’agit bel et bien du "premier accord climatique à portée mondiale, lançant le signal que la transition vers une économie à faible émission de CO2 devient incontournable". Mais selon lui, il reste encore "beaucoup de pain sur la planche" et il appartient maintenant de définir davantage encore le cadre de l’accord sur plusieurs points.    

Le commissaire européen à l’Action climatique et à l’Energie, Miguel Arias Cañete, a pour sa part salué un "moment historique". Grâce aux efforts de l’UE en grande partie, le monde a son "premier accord universel et juridiquement contraignant sur le climat". Pour le commissaire, un nouveau chapitre est ouvert, car il s’agit d’une action "de tous" et non plus d’une action de quelques-uns. L’accord montre que "le multilatéralisme peut toujours fonctionner" face à un défi mondial.

Il a remercié la Présidence française de la COP21 du "travail remarquable", en soulignant que l’UE a toujours parlé d’une seule voix grâce aux efforts de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE. L’accord envoie également un signal aux investisseurs, entreprises et décideurs politiques que la transition globale vers une énergie propre perdurera. Le débat n’était pas dominé par l’opposition entre pays développés et pays en développement, comme c’était le cas à Copenhague, mais l’opposition entre les volontaires ("willing" dans le texte, ndlr) et les réticents ("unwilling" dans le texte, ndlr) .

L’accord permettra une transition rapide des combustibles fossiles à des énergies "propres", a souligné Miguel Arias Cañete, affirmant que "cette tendance est irréversible".  La Commission européenne salue le fait que l’accord reconnait la nécessité de poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 degré, "ce qui était crucial au sein de notre alliance".  Il a encore souligné l’importance du mécanisme "robuste" de révisions périodiques (tous les cinq ans) afin d’assurer que les Etats tiennent leurs engagements. Le commissaire a reconnu que "le travail dur commence dès maintenant" et annoncé que la Commission va faire des propositions législatives relatives aux secteurs non couverts par le système d'échange de quotas d'émission de l'Union (ETS).

Le débat

Lors du débat, le député européen Giovanni La Via (PPE) a salué un "résultat historique" puisque tous les Etats membres ont admis qu’il s’agit d’un problème global qui nécessite une solution globale alors qu’un accord semblait impossible. L’accord est selon lui historique car il prend en compte les besoins de chacun.

Kathleen Van Brempt (S&D) s’est félicitée d’un premier accord universel sur le climat, signé par pratiquement tous les Etats, y compris les pays développés et les pays émergents. Elle a néanmoins estimé que plus d’efforts seront nécessaires et appelé le commissaire à ne pas attendre trop longtemps, car il faut selon elle des engagements encore plus ambitieux pour arriver à une économie libre de carbone.

Le député Ian Duncan (ECR) qui a parlé au nom des conservateurs dans son groupe, a salué un "grand pas en avant", mais il s’est également interrogé sur les conséquences que cet accord aura sur les politiques en vigueur en matière de climat et d’énergie ainsi que sur l’ETS.

Gerben-Jan Gerbrandy (ALDE) a jugé que l’accord envoie un signal important au monde financier que seulement des solutions libres de carbone seront récompensées. Il a remercié la ministre luxembourgeoise de l’Environnement pour son engagement à bâtir des ponts entre les pays développés et les pays en développement. Le député a encore appelé à assurer que les Etats respectent leurs engagements.

Anne-Marie Mineur (GUE/NGL) a pour sa part regretté que les secteurs du transport aérien et maritime ne soient pas inclus dans l’accord et estimé que les entreprises industrielles ont imposé leurs vues. Elle a appelé à des engagements plus ambitieux, notamment en ce qui concerne les objectifs de réduction des émissions de CO2 pour 2020 ainsi que pour 2030.

Yannick Jadot (Verts) a félicité la Présidence française de la COP21 pour avoir réussi à n'avoir „aucun opposant déclaré“. Mais si le monde veut arriver à l’objectif de 1,5 degré, il faudra sortir du carbone et des énergies fossiles "très rapidement", a-t-il affirmé. L’échec de Paris constitue selon lui dans le fait que, sous pression des pays pétroliers, la décarbonisation n’a pas été inscrite dans l’accord et que certains secteurs échappent à leur responsabilité climatique. Il s’est félicité d’une "nouvelle gouvernance plus large" des politiques climatiques, tout en regrettant un "droit mou" qui n’a pas la capacité à forcer les Etats à remplir leurs engagements.

Marco Affronte (EFDD) s’est également félicité d’un "accord historique", tout en dénonçant le fait que le terme décarbonisation a disparu du texte qui évoque en revanche "un marché libre de carbone". 

En réponse aux députés, Camille Gira a expliqué que "nous ne sommes pas satisfaits à 100 %", mais qu’il était bien difficile de trouver un accord entre 196 parties. "On s’est battu jusqu’ à la fin pour inclure les secteurs aériens et maritimes, mais l’opposition était trop grande", a-t-il affirmé, en regrettant le fait que l’accord n’inclut pas d’objectif concret pour 2050. Selon lui, les Européens ont joué un rôle très important à Paris, contrairement aux réunions de Copenhague et de Lima où l’UE était "ni visible ni audible". Grâce à son ambition, l’UE a "montré le chemin à d’autres", a  conclu Camille Gira.

Miguel Arias Cañete a pour sa part affirmé qu’il s’agit d’un accord historique puisqu’il couvre plus de 95 % des émissions globales et qu’il a été signé par les plus gros émetteurs de CO2, dont les Etats-Unis. Si l’accord n’est "pas parfait", il constitue une "base solide", a affirmé le commissaire. Quant à la nature de l’accord, il a précisé que "tous les  éléments de l’accord sont contraignants" et que toutes les parties ont une obligation légale à s’engager à diminuer leurs émissions. Mais si l’accord avait compris des engagements strictement contraignants, les Etats-Unis ne l’auraient pas signé, a-t-il expliqué.

  • Mis à jour le 16-12-2015