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Assemblée PME 2015 – Une politique ambitieuse en faveur des PME est "une priorité de la Présidence luxembourgeoise"

19-11-2015

Francine Closener, secrétaire d'État à l'Économie ; la Grande-Duchesse Maria Teresa ; Elzbieta Bienkowska, commissaire du Marché intérieur, de l’Industrie, de l’Entrepreneuriat et des PME
Dans le contexte de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne (UE), l'Assemblée européenne des PME 2015 a été organisée par la Commission européenne à Luxembourg, du 18 au 20 novembre 2015, en point d’orgue de la semaine européenne des petites et moyennes entreprises (PME).

Cette conférence, qui se veut un événement majeur pour les PME en Europe, vise à offrir à ces entreprises une plateforme d’échange et de débat et à leur permettre ainsi de participer à la définition de politiques adaptées à leurs besoins. La secrétaire d’Etat à l’Economie, Francine Closener, et la commissaire en charge du Marché intérieur, de l'Industrie, de l'Entrepreneuriat et des PME, Elżbieta Bieńkowska, ont ouvert les débats le 19 novembre en présence de la Grande-Duchesse Maria Teresa.

La Présidence veut mettre en avant et exploiter la "valeur ajoutée européenne" en "s’attaquant par tous les moyens au coût de la non-Europe"

Félicitant la Commission "pour ses efforts infatigables" dans l’organisation annuelle de l’assemblée, Francine Closener, a tenu à souligner que cette conférence offrait "l’unique opportunité d’échange pour tous les acteurs du terrain", qu’il s’agisse des entrepreneurs, des  représentants des administrations ou des représentants locaux, régionaux et européens. "Cette réunion nous permet de cristalliser les enjeux de nos politiques respectives et c’est l’occasion pour les PME de se projeter au cœur de la politique de l’UE", a-t-elle dit.

La secrétaire d’Etat a rappelé qu’au Luxembourg, 99 % des entreprises sont des PME, et que le gouvernement attachait donc une grande importance à ce que soit menée "une politique ambitieuse en faveur des PME". Il s’agit d’ailleurs d’une priorité de la Présidence luxembourgeoise, qui est développée à plusieurs niveaux, a-t-elle relaté.

Francine Closener a notamment insisté sur le fait que la politique d’entreprises ne concernait pas seulement les ministres de l’Economie, mais qu’énormément de décisions importantes pour les PME sont prises dans d’autres formations du Conseil de l’UE, entre autres sur les exigences environnementales ou en matière d’étiquetage de produits alimentaires.

Dans cette optique, la Présidence luxembourgeoise "a consacré d’importants efforts" pour faire avancer le "mainstreaming" de la compétitivité, à savoir le développement d’une approche transversale qui tienne compte des besoins des entreprises, en particulier des PME, à travers l’ensemble des domaines politiques de l’Union. "Les ministres de l’Economie s’intéressent désormais de près aux sujets qui relèvent d’autres formations du Conseil et qui impactent la compétitivité en général", a-t-elle relevé.

Une autre priorité de la Présidence dans ce domaine consiste à mettre en avant et exploiter la "valeur ajoutée européenne" notamment en "s’attaquant par tous les moyens au coût de la non-Europe", a souligné Francine Closener. Relevant la persistance de règlementations et standards nationaux qui ne s’appliquent que sur le territoire d’un seul Etat membre, la secrétaire d’Etat a relevé que ces règles étaient synonymes de coûts, ceci d’ailleurs tant pour le monde numérique que pour le "offline".

Ainsi, le coût pour une PME souhaitant exporter dans un autre Etat membre serait en moyenne de 10 000 euros par marché, a noté la secrétaire d’Etat, soit 280 000 euros pour toute l’UE. "Il est impossible pour une PME qui ne dispose pas d’un service juridique performant et de grands moyens financiers de se mettre en conformité avec 28 législations nationales différentes". Une des priorités de la Présidence dans ce domaine est donc de "réduire le coût de passage des frontières" ce qui "nécessite une règlementation commune".

Aux yeux de Francine Closener, l’accomplissement du Marché Intérieur constitue le meilleur moyen de mettre en œuvre cette politique. "Nous espérons mettre en place un cadre juridique plus avantageux pour les PME […] qui les encourage à étendre leurs activités au-delà des frontières nationales et qui leur permette d’exploiter le potentiel d’un marché unique de 500 millions de consommateurs".

La secrétaire d’Etat a aussi exprimé le souhait que la Commission "renoue avec l’idée d’un renouvellement" du "Small Business Act", le cadre stratégique des politiques de l'UE en matière de PME. "Pour la Présidence, il s’agit d’un élément essentiel pour souligner nos ambitions en matière de PME, y compris en termes de visibilité", a dit Francine Closener.

"Nos PME ont besoin d’une visibilité au plus haut niveau", a-t-elle poursuivi, se félicitant que  la discussion d’ouverture soit centrée sur l’entrepreneuriat féminin. "C’est l’occasion de prendre davantage conscience de la place des femmes dans la société et de leur contribution au monde économique", a ajouté la secrétaire d’Etat qui a rappelé qu’au Luxembourg, 18 % des entreprises existantes étaient dirigées par des femmes. "Pour lutter contre les inégalités, il faut inciter par tous les biais celles qui souhaitent se lancer […] à vivre leur envie et leur ambition", a-t-elle conclu.

Il faut encourager les PME qui sont "le meilleur lieu pour créer de la croissance et des emplois", dit la Commission européenne

La commissaire en charge du Marché intérieur, de l'Industrie, de l'Entrepreneuriat et des PME, qui est par ailleurs l’ambassadrice PME de l’UE dans le réseau des Ambassadeurs PME, Elżbieta Bieńkowska, a souligné qu’il était nécessaire que tous les acteurs joignent leur force pour faire de l’UE "le meilleur endroit pour les entrepreneurs pour lancer une entreprise et la faire croître" car les entreprises "sont le moteur de la création d’emploi et de croissance économique".

Les PME ont à cet égard "un rôle majeur à jouer", a-t-elle relevé, notant qu’en 2014, les PME avaient recommencé à embaucher avec une progression en termes d’emploi de 1,2 %. "En d’autres mots, les PME ont contribué à la création de plus de 1 millions de nouveaux emplois", a poursuivi la commissaire selon laquelle il s’agit donc d’encourager ces petites et moyennes entreprises qui sont "le meilleur lieu pour créer de la croissance et des emplois". Selon la commissaire, il s’agit dans ce contexte d’écouter les entrepreneurs, car ceux-ci "savent ce qui doit être fait pour simplifier leur vie et pour encourager d’autres à les suivre". "De notre côté nous voulons identifier ce que les PME ont besoin de la part de l’UE".

Elżbieta Bieńkowska a également relevé que si le marché unique avait amené d’importants bénéfices, notamment en termes de choix et de prix, pour les consommateurs et des opportunités pour les entreprises et les professionnels, "nous savons tous que les PME n’utilisent pas toutes les opportunités offertes". "Quand les PME veulent exporter, elles font face à de trop nombreux obstacles" et "trop souvent, les consommateurs qui veulent acheter dans un autre Etat membre sont empêchés de bénéficier des meilleurs prix et conditions", a-t-elle ajouté, notant que cette situation devait évoluer et ce sans délai.

La commissaire a souligné que la Commission avait décidé dans ce contexte de "donner un nouvel élan" au marché intérieur en dévoilant sa nouvelle stratégie en la matière qui contient "plusieurs actions ambitieuses et pragmatiques" et est axée sur trois domaines principaux : la création de nouvelles opportunités pour tous les acteurs, le soutien à l’innovation et enfin garantir que les bénéfices pratiques soient vécus par chacun.

Elżbieta Bieńkowska a encore insisté sur la nécessité d’assurer la conformité aux règles de l’UE en la matière de même que les moyens pour garantir leur mise en application alors que les procédures actuelles sont parfois tellement longues qu’elles peuvent pousser une entreprise à la faillite ce qui est "inacceptable". "Nous devons travailler tous ensemble, Etats membres et opérateurs économiques, pour créer une véritable culture de la mise en conformité aux règles du marché unique", a-t-elle dit. Il s’agit également de s’attaquer au manque de compréhension de certaines règles et d’éviter de créer de nouvelles couches de règlementation.

"La Commission est déterminée à faire son travail mais nous avons besoin de l’aide et de l’engagement des Etats membres, à tous les niveaux, ainsi que des parties prenantes pour réussir", a conclu la commissaire.

  • Mis à jour le 20-11-2015