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15e conférence FEMIP – Jean Asselborn et Nicolas Schmit mettent en avant la coopération avec les pays méditerranéens pour répondre aux défis de la crise des réfugiés

26-10-2015

Jean Asselborn lors de la conférence FEMIP, le 26 octobre 2015
© Anna Tritarelli, EIB
Le 26 octobre 2015, Nicolas Schmit, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, et Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères et européennes, ministre de l'Immigration et de l'Asile, ont participé à la 15e conférence de la "Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat" (FEMIP) organisée à Luxembourg par la Banque européenne d’investissement (BEI).

Intitulée "Innovation, esprit d'entreprise et emplois: promouvoir les investissements pionniers dans le bassin méditerranéen", la conférence a permis à des experts, des représentants du secteur privé, du secteur public, de la société civile et des universités de débattre de l'innovation et de l'esprit d'entreprise dans le secteur privé ainsi que des instruments financiers qui les soutiennent et contribuent à l'accélération de la croissance des entreprises dans la région.

La FEMIP, créée en 2002, rassemble l'ensemble des interventions de la BEI à l'appui du développement socio-économique des pays partenaires méditerranéens de l’Union européenne pour soutenir la croissance et la création d’emplois. La Facilité fournit dans ce contexte un appui au secteur privé et participe à la création d'un environnement favorable à l'investissement via l’amélioration des infrastructures.

Nicolas Schmit : "La crise des réfugiés est la dernière illustration de l'importance d'un voisinage stable"

Dans son discours d’ouverture, Nicolas Schmit a souligné l’importance d’une "croissance inclusive" pour "gagner la confiance" des citoyens de l’UE et des "voisins du Sud". Il a évoqué la FEMIP en tant qu’ "instrument extraordinaire" pour parvenir à atteindre ces objectifs. "En tant que Présidence, nous pensons que l'Europe doit intensifier ses efforts dans le domaine de la coopération avec nos pays partenaires du Sud", a-t-il poursuivi, soulignant que "la crise des réfugiés est la dernière illustration de l'importance d'un voisinage stable".

Dans ce contexte, une coopération "fructueuse" dans le domaine de l’emploi est selon lui essentielle. C’est pourquoi la Présidence a lancé une proposition pour une initiative visant à "favoriser l'emploi des jeunes dans les pays du Maghreb en investissant dans l'éducation et la formation professionnelle".

Celle-ci avait été présentée lors de la réunion conjointe avec les ministres du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) en charge de l’Emploi organisée dans le cadre du Conseil EPSCO informel des 16 et 17 juillet 2015. "Nous devons intensifier notre engagement pour lutter contre le chômage des jeunes et construire un partenariat Nord-Sud autour de cet objectif commun, cela a fait l’objet d’un large consensus", a indiqué Nicolas Schmit. "Bien que les contextes nationaux peuvent varier, le chômage des jeunes est un défi commun sur les deux rives de la Méditerranée", a-t-il ajouté, avant d’évoquer également le même souci de stabilité et de sécurité, et le désir partagé de développement économique et social.

Nicolas Schmit lors de la conférence FEMIP, le 26 octobre 2015
(c) EIB
Concrètement, l'initiative de l'emploi des jeunes est basée sur "une approche complémentaire" aux efforts déjà déployés dans les trois pays en question. Elle se focalise sur l'investissement dans les qualifications et les compétences, en vue notamment de trouver une meilleure adéquation entre l’offre et la demande d’emploi.

"Promouvoir l'esprit d'entreprise, en particulier chez les jeunes, est l'un des principaux moyens de créer des emplois", a expliqué Nicolas Schmit.

 "En étroite coopération avec la BEI et l'Union pour la Méditerranée, la Présidence est en train d'établir une feuille de route pour cette initiative qui devrait être lancée lors d'une réunion ministérielle le 1er décembre à Barcelone", a annoncé le ministre.

Jean Asselborn : "Ce n’est qu’en agissant ensemble que nous serons capables de donner une réponse aux défis migratoires"

En clôture de la conférence, Jean Asselborn, a souligné que la FEMIP, "un instrument de référence du partenariat économique et financier euro-méditerranéen", était l’expression de la politique de coopération à long terme de l’UE avec les pays de la Méditerranée et un "acteur-clé" en la matière.

Il a insisté à cet égard sur la nécessité de renforcer encore davantage ce partenariat au vu des nombreux intérêts mutuels des deux parties, le ministre mettant en avant la lutte contre les menaces en matière de sécurité, l’amélioration de la gouvernance, des droits de l’homme et de la démocratie, ainsi que les défis liés aux migrations.

"Ce n’est qu’en agissant ensemble, pays d’origine, de transit et de destination des migrants, que nous serons capables de donner une réponse aux défis posés par les mouvements migratoires dans la Méditerranée", a-t-il dit. Ces mouvements devraient selon lui pousser les décideurs politiques à prendre leurs responsabilités. "C’est ce que nous avons essayé de faire hier à Bruxelles, et je souligne bien ‘essayé’", a déclaré le ministre en référence à la réunion dédiée la veille à la crise migratoire sur la route des Balkans occidentaux.

Jean Asselborn a aussi répété qu’il ne suffisait pas de s’attaquer aux symptômes de ce phénomène mais à ses causes profondes, en particulier le développement des inégalités, les conflits et l’absence d’Etat de droit.

Dans ce contexte, le ministre a souligné que lors du Sommet de La Valette sur la migration, qui se tiendra le 11 et 12 novembre 2015 avec plusieurs pays africains, l’UE devrait également mettre l’accent sur la migration légale et disposer d’une stratégie en la matière. A ses yeux, l’UE ne peut se limiter à discuter uniquement avec les pays africains de politique de retour et de réadmission.

Jean Asselborn a encore évoqué la nécessité de disposer de fonds suffisants pour parvenir à financer le paquet de mesures nécessaires en vue de parvenir à gérer le problème migratoire. L’UE doit selon lui disposer d’un budget d’aides en faveur de la Turquie, de la Jordanie et du Liban, pour que ces pays parviennent à "donner une perspective" aux réfugiés syriens qui se trouvent sur leur territoire, notamment en matière d’éducation et d’accès au marché du travail.

  • Mis à jour le 28-10-2015