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"Il faut donner une autre perspective, une autre dimension à l’UE, et cette dimension, c’est l’Europe sociale", a déclaré Nicolas Schmit à l’issue du Sommet social tripartite

15-10-2015

Le 15 octobre 2015, Nicolas Schmit, ministre luxembourgeois du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, a participé au nom du Conseil au Sommet social tripartite  qui réunissait à Bruxelles les représentants de l’UE et les partenaires sociaux en amont du Conseil européen des 15 et 16 octobre 2015.

Il  a été procédé en particulier à un échange de vues portant sur trois questions, à savoir le rapport des 5 présidents intitulé "Compléter l'Union économique et monétaire européenne", les défis auxquels l'Europe sociale doit faire face, et enfin, les synergies entre les programmes de travail des institutions de l'UE et le programme de travail 2015-2017 que les partenaires sociaux européens viennent d'adopter. Les résultats des discussions sont censés alimenter l'action menée et les initiatives lancées par l'UE pour donner un nouvel élan au dialogue social européen.

"Il faut donner une autre perspective, une autre dimension à l’UE, et cette dimension, c’est l’Europe sociale",  a dit Nicolas Schmit

Nicolas Schmit lors de la conférence de presse qui a suivi le Sommet social tripartite le 15 octobre 2015
© Union européenne
"Nous avons eu échange ouvert, positif, et avec une réelle volonté d’avancer sur les différents grands sujets que nous devons affronter", s’est félicité Nicolas Schmit lors de la conférence de presse qui a suivi le Sommet social, une impression qui a été partagée par les autres participants.

Parmi ces sujets figure notamment la question des réfugiés, qui a été longuement évoquée par le président du Conseil européen et par les partenaires sociaux, a indiqué Nicolas Schmit. Rappelant les efforts intenses de la Présidence luxembourgeoise sur ce sujet, il a estimé que des progrès réels ont été accomplis en la matière. "Le Conseil européen doit poursuivre ce travail, mais il revient aussi aux sociétés dans nos Etats membres de trouver des voies qui permettent de maitriser cette question et d’intégrer les réfugiés dans nos sociétés", a-t-il ajouté. Dans ce contexte, la question de l’emploi est selon lui "prioritaire". Il a évoqué la nécessité de "transformer ce défi en réelle opportunité", au vu notamment du vieillissement de population en Europe.

L’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM) a également fait l’objet de discussions. Nicolas Schmit a souligné la nécessité d’ "enrichir" et de "renforcer" la gouvernance de la zone euro sans attendre la prochaine crise. "Dans ce contexte d’approfondissement de l’UEM, la dimension sociale doit être non seulement prise au sérieux, mais elle doit être réellement intégrée dans la gouvernance économique de l’UEM", a signalé Nicolas Schmit. La question de l’emploi est selon lui d’actualité, compte tenu du taux de chômage important en Europe, spécialement celui des jeunes. "Nous avons fait des progrès, mais il faut déjà penser à une étape suivante puisqu’un certain nombre de mesures vont se terminer après 2016, et je crains que nous n’ayons pas encore pu maitriser le problème de l’emploi des jeunes", a dit le ministre.

"La Présidence attache aussi une grande importance à la transformation des marchés du travail et notamment de l’emploi et des entreprises", a poursuivi Nicolas Schmit. Il a évoqué la numérisation de l’économie, qui représente selon lui "un vrai défi" pour tous les pays européens, pour chaque entreprise et pour les salariés, et qui nécessité un changement des qualifications professionnelles et de l’organisation du travail. "C’est une entreprise que l’Europe doit aborder solidairement, en ayant à l’esprit qu’à la fin, chacun doit être gagnant", a dit le ministre.

Nicolas Schmit a enfin évoqué le "paquet mobilité" que la Commission entend présenter avant la fin de l’année. "Il est clair que cette mobilité, qui est un élément essentiel de l’intégration européenne, doit être une mobilité équitable ("fair mobility"), et nous devons donc voir ce qu’il faut modifier", a dit Nicolas Schmit. Soulignant que la directive détachement reste "un point important dans ce contexte de mobilité", il a appelé l’UE à veiller à ce que  le dumping social ne constitue pas "un aspect de l’Europe", souvent avancé par tous ceux qui critiquent l’UE.

"Il faut donner une autre perspective, une autre dimension à l’UE, et cette dimension, c’est l’Europe sociale",  a conclu Nicolas Schmit.

  • Mis à jour le 15-10-2015