Affaires étrangères - Justice et Affaires intérieures
Réunion avec Pays tiers

La Conférence sur la "Route de la Méditerranée orientale et des Balkans occidentaux" a réuni les pays concernés par le "défi commun" des flux migratoires en provenance du Moyen-Orient pour "l’affronter collectivement et solidairement"

08-10-2015

Federica Mogherini et Jean Asselborn le 8 octobre 2015 à Luxembourg
© Union européenne
Le 8 octobre 2015 a eu lieu à Luxembourg la conférence de haut niveau sur la "Route de la Méditerranée orientale et des Balkans occidentaux".

Le ministre des Affaires étrangères et européennes, ministre de l’Immigration et de l’Asile, Jean Asselborn et la Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Vice-Présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini avaient pris l’initiative de cette réunion, afin de discuter avec tous les partenaires impliqués de l’importance de cette route dans les flux migratoires en provenance du Moyen Orient.

Il s’est agi d’une réunion conjointe des ministres de l’Intérieur en charge des migrations et de l’asile et des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, avec leurs homologues de la Turquie, du Liban et de la Jordanie, ainsi que des Balkans occidentaux (Albanie, ARYM, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Monténégro, Serbie). Les pays associés (Suisse, Norvège, Liechtenstein et Islande) étaient également invités.

Le débat était essentiellement consacré aux questions suivantes:

  • renforcer le soutien apporté à la Jordanie, au Liban et à la Turquie, qui sont les premiers pays d'asile accueillant la plupart les réfugiés syriens, afin de les aider à faire face à la pression migratoire;
  • aider l'ensemble des pays de transit concernés à améliorer leurs capacités en matière d'accueil, d'enregistrement et de traitement des demandes d'asile;
  • renforcer la coopération dans le domaine de la lutte contre la criminalité organisée, qui est à l'origine du trafic de migrants et de la traite des êtres humains;
  • s'attaquer aux causes profondes des déplacements forcés;
  • coopérer avec les pays d'origine des migrants en situation irrégulière.

Lors de cette réunion, les pays participants ont adopté une déclaration qui vise une meilleure coopération entre tous les pays concernés et fait état d’un "défi commun" que "nous devons, en tant que partenaires, affronter collectivement et solidairement".   

Lors de la conférence de presse, Jean Asselborn a qualifié la conférence "d'historique, car c'est la première fois qu'une réunion a lieu dans ce format, afin de discuter de la problématique d'une des principales routes migratoires vers l'Europe, en incluant tous les États concernés qui se trouvent sur cette route." Il a souligné que "ce n'est que le début d'un processus, qui devra s'inscrire dans la pérennité", et ajouté : "Le dialogue continuera dans les mois et les années à venir."

Jean Asselborn a mis en avant la nécessité d’appuyer "les efforts des État qui sont les premiers concernés par la problématique : d’un côté les États voisins de la Syrie, qui sont la Jordanie, le Liban et la Turquie ; et d’un autre côté avec les Balkans occidentaux qui sont une zone de transit particulièrement affectée". Il a admis qu’il n’y a pas de solution unique à la problématique, que les situations sont très diverses et qu’il faut tenir compte de tous les cas de figures dans la recherche de solutions et de l'appui nécessaires.

Louant les efforts "surdimensionnés" des pays limitrophes de la Syrie, il a aussi appelé à "être vigilant en ce qui concerne l'impact sur les sociétés en question". Il a rappelé que l’UE et les Balkans occidentaux sont  liés "par un solide partenariat noué depuis des années dans le cadre des processus d'élargissement, de stabilisation et d'association, ainsi que par le biais des instruments y afférents".  La crise migratoire constitue ainsi "l'occasion pour nous de consolider encore plus notre partenariat avec cette région et d'intensifier notre coopération en matière des questions liées à la migration".

L'UE veut les aider à construire et à améliorer des capacités d'accueil et leur demander de contribuer à stabiliser la situation en matière de réception, d'enregistrement et en tant que frein aux mouvements. La coopération avec ces Etats est également nécessaire pour arriver à constituer "les flux organisés de la migration légale vers l'Europe" et à prévenir ainsi "que les migrants aient recours aux services des trafiquants".

Jean Asselborn a également évoqué le projet de Plan d’action concernant la coopération entre l’UE et la Turquie soumis au Président Erdogan, en visite à Bruxelles.  Le ministre a précisé à ce sujet : "Si ce projet de plan d’action est conditionné au fait que la partie turque accepte certaines propositions, il est évidemment également lié à la condition que tous les 28 Etats membres de l’Union soient d’accord avec les éléments de ce Plan. Il reste donc également à être discuté au sein du Conseil et nous attendons donc qu'une proposition vienne sur la table du Conseil." 

Finalement, il faut s’attaquer aux "causes initiales de la crise migratoire actuelle" et donc "redoubler d'efforts notamment pour trouver des solutions diplomatiques et politiques à des conflits qui poussent les populations civiles à fuir et à chercher refuge loin de chez eux", dont le conflit en Syrie, et " donner priorité à la lutte contre la pauvreté et contre les inégalités". Il a ajouté que l’activité militaire ne va pas créer plus de sécurité dans les régions de conflit.

"Il faut dans cette crise migratoire avancer dans une logique globale et agir sur plusieurs fronts en même temps, car tant les causes de la migration que les solutions possibles ont des effets qui interagissent entre eux. Ainsi, la réunion de ce soir avec des pays tiers particulièrement affectés est un élément de plus dans la recherche de solutions", a conclu Jean Asselborn. 

Federica Mogherini a parlé elle aussi d’une "conférence extrêmement importante", et d’un "travail en équipe dans le meilleur sens du terme ("teamwork at its best" dans le texte), dans la mesure où il y avait autour de la table "les personnes, les responsables et les outils qu’il faut pour traiter le problème".

Pour la Haute Représentante, "il est temps pour nous de réaliser que notre fardeau doit être vu en relation avec le fardeau que portent les pays voisins de la Syrie". Il ne faut pas non plus oublier les autres routes, comme celle du Sud qui sera traité lors du Sommet de La Valette.

La conférence sur la "Route de la Méditerranée orientale et des Balkans occidentaux" a montré qu’il faut "initier un processus politique qui mette fin à la guerre en Syrie". Il faut soutenir les pays voisin, les  pays de transit, lutter contre le trafic d’êtres humains, entre autres en améliorant la coopération policière et judiciaire avec les Balkans occidentaux et discuter avec les pays d’origine des migrants sur le retour de leurs citoyens.  

  • Mis à jour le 09-10-2015