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Ministres au Parlement européen

L’UE et les États membres doivent rester à la pointe du combat en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes, a déclaré Nicolas Schmit devant le Parlement européen

Le ministre Nicolas Schmit, en charge des relations avec le Parlement européen au cours de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE, est intervenu le 7 octobre 2015 devant le Parlement européen réuni en plénière à Strasbourg. Il a répondu au nom du Conseil à une question orale posée par l’eurodéputée Linda McAvan (S&D) concernant le renouvellement du plan d'action de l’UE sur l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes au titre de la coopération au développement. Nicolas Schmit a exprimé son souhait que le nouveau cadre constitue “un outil efficace pour la promotion des droits des femmes et des jeunes filles”. Il a indiqué qu’un point "genre et développement" figurera à l'ordre du jour de la réunion du Conseil Affaires Etrangères le 26 octobre 2015, où des conclusions sur le nouveau cadre pour l'égalité entre les hommes et les femmes seront adoptées.

“La présidence veillera à ce que les questions de genre demeurent au cœur des priorités de l’UE et de ses États membres”

“L'égalité entre hommes et femmes est au cœur des valeurs européennes” et l’UE la défend également dans ses relations extérieures, a déclaré Nicolas Schmit en guise d’introduction.

Nicolas Schmit a indiqué que la Présidence poursuit les travaux menés au Conseil en matière de genre et de développement, en s’appuyant notamment sur les conclusions que le Conseil a adoptées en mai dernier concernant l'égalité entre hommes et femmes dans le cadre du développement. “La présidence veillera à ce que les questions de genre demeurent au cœur des priorités de l’UE et de ses États membres tant à l'intérieur de l'Union que dans sa politique extérieure”, a-t-il signalé. “Au sein des instances du Conseil, nous travaillons actuellement avec les États membres, la Commission et le Service d'action extérieure (SEAE) à la mise en place du nouveau cadre pour l’égalité entre les hommes et les femmes et l’émancipation des femmes, qui doit être adopté d'ici la fin de l'année”, a précisé le ministre.

Ce nouveau cadre, qui s’inscrit dans le contexte des relations extérieures de l’Union sur la période 2016-2020, a été adopté le 22 septembre 2015 par la Commission et le SEAE. Il vise à aider les pays partenaires, en particulier les pays en développement, les pays de l'élargissement et les pays voisins, à obtenir des résultats tangibles sur la voie de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Nicolas Schmit a attiré l’attention sur “les progrès significatifs” qui ont été réalisés à l’échelle mondiale en matière d’égalité entre les sexes et d'émancipation des femmes et des jeunes filles, notamment l'accès des jeunes filles à l'éducation primaire, l'autonomisation économique des femmes, l’accès aux soins de santé et aux méthodes de contraception modernes, et la mortalité maternelle.

“Cependant, il faut constater que les progrès ne sont pas aussi rapides que nous le souhaitons et qu'ils se produisent de manière très inégale selon les régions, selon les pays, voire au sein d'un même pays”, a nuancé Nicolas Schmit. “Chaque jour, partout dans le monde, on continue de porter atteinte aux droits des femmes et des jeunes filles”, a-t-il déploré, en évoquant les entraves à l'accès à l'éducation, les discriminations à l'embauche, le salaire inférieur à travail égal, les lois discriminatoires ou vexatoires, les violences conjugales, la traite et exploitation sexuelle, et les mutilations génitales.

Un point "genre et développement" à l'ordre du jour de la réunion du Conseil Affaires Etrangères le 26 octobre 2015

“Il est indispensable que l’UE ne relâche pas ses efforts sinon qu'elle les intensifie, résolument”, a-t-il martelé, avant d’exprimer son souhait que le nouveau cadre constitue “un outil efficace pour la promotion des droits des femmes et des jeunes filles”.

“Dans les jours et les semaines qui viennent, nous continuerons à travailler activement au sein du Conseil sur ce dossier prioritaire”, a dit Nicolas Schmit, précisant qu’un point "genre et développement" figurera à l'ordre du jour et fera l’objet de conclusions lors de la réunion du Conseil Affaires Etrangères à laquelle participeront les ministres du Développement le 26 octobre 2015.

“L’UE et les États membres doivent rester à la pointe du combat en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes”, a conclu Nicolas Schmit.

“S’agissant du retard dans la réalisation de l’égalité hommes femmes dans le monde, la Commission aimerait proposer des actions et des mesures de haute qualité soutenues par un meilleur financement, un bon savoir-faire et un leadership politique important dans toutes les politiques extérieures, y compris la coopération au développement”, a pour sa part déclaré Christos Styliandides, qui remplaçait le commissaire pour la coopération internationale et le développement, Neven Mimica. “Nous confirmons cette intention dans le récent processus d’adoption des nouveaux objectifs du développement durable”, mais aussi à travers “l’adoption du nouveau cadre pour l’égalité”, a-t-il dit.

Au cours du débat qui a suivi, les principaux groupes politiques ont tous souligné la nécessité de soutenir l’égalité entre hommes et femmes et l’émancipation des femmes dans le cadre des politiques d’aide au développement. L’eurodéputé Davor Ivo Stier (PPE) a souligné la nécessité d’investir dans les femmes pour atteindre un développement durable. Le député Doru-Claudian Frunzulica (S&D) a pour sa part souligné la nécessité d’appliquer, à des fins de cohérence politique, le nouveau cadre pour l’égalité aux différents aspects de la politique extérieure de l’UE. L’eurodéputée Beatriz Becerra Basterrechea (ALDE) a souligné que les femmes étaient plus vulnérables à la pauvreté et soulevé la nécessité de créer un fonds mondial pour l’éducation qui soit bien doté et un agenda mondial pour l’éducation. Lola Sanchez Caldentey (GUE/NGL) a évoqué une “féminisation de la pauvreté” pour expliquer que les femmes étaient les premières victimes des politiques d’austérité. L’eurodéputé Branislav Škripek (ECR), plus nuancé, a souligné la nécessité de ne pas “imposer à ces pays une idéologie du genre”, mais de focaliser l’aide au développement surtout sur les besoins de première nécessité.

  • Mis à jour le 07-10-2015