Développement - Environnement
Ministres au Parlement européen

Nicolas Schmit intervient au nom du Conseil devant le Parlement européen sur les positions de l’UE en matière de développement durable en vue du Sommet de New York et de la COP21

16-09-2015

Nicolas Schmit, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire
© SIP / Yves Kortum
Le ministre luxembourgeois en charge de représenter la Présidence luxembourgeoise devant le Parlement européen, Nicolas Schmit,  est intervenu le 16 septembre 2015 devant la plénière du Parlement pour prononcer une déclaration du Conseil sur le Sommet des Nations unies sur le développement durable qui se tiendra les 25 au 27 septembre 2015 à New York et sur des aspects de la Conférence climatique de Paris (COP21), liés au développement.

Sa prise de parole suivait le point à l’ordre du jour pendant lequel Jean Asselborn a présenté en sa capacité de ministre de l’Immigration et de l’Asile les conclusions du Conseil "Justice et affaires intérieures" sur les migrations qui venait de se tenir le 14 septembre.

Nicolas Schmit a estimé que le point sur lequel il intervenait n’était "pas étranger à ce qui vient d’être discuté", et que le débat sur le sommet de New York et la COP21 prolongeait la discussion sur la crise des réfugiés et des migrants.  

Nicolas Schmit a relativisé la distinction faite entre les réfugiés qui ont besoin d’une protection internationale  et les migrants "qualifiés d’économiques", " comme si la pauvreté et le dénuement absolu n’étaient pas une raison suffisante pour aller chercher  une vie meilleure ailleurs". Se référant à une déclaration du président de la Commission Jean-Claude Juncker, il a lancé : "Qui sommes-nous pour condamner ces personnes qui veulent partir ailleurs ?" Et de rappeler qu’il "n’y pas si longtemps, des millions Européens se sont mis en route parce qu’ils étaient pauvres, et ils sont allés chercher une vie meilleure dans le Nouveau  monde qui les a accueillis".

Pour lui, "la migration fait partie de la réalité du monde globalisé, où tout le monde a désormais les moyens de s’informer".  Mettant en garde contre la construction de murs et le jet de gaz lacrymogènes contre des migrants aux frontières, parce que cela risque de n’être que la première phase d’un engrenage, il a rappelé que le réchauffement climatique créait d’ores et déjà des réfugiés climatiques. D’où l’évidence que l’adoption de l’Agenda 2030 pour le Développement Durable est l'une des priorités de l’UE.

Le Sommet des Nations unies sur le développement durable et l’Agenda 2030

Le ministre a cité les trois grands jalons de 2015 de la politique du développement durable : la Conférence d'Addis-Abeba sur le Financement du Développement de juillet 2015, le Sommet du Développement Durable à New York de septembre 2015 et la COP21, la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui devrait mener en décembre 2015 à Paris à l’adoption d’un accord universel.

Pour le ministre Schmit,  "l'objectif principal de l'Union européenne - celui d'adopter un Agenda de Développement Durable qui soit ambitieux, transformatif et viable - a été accompli ou presque. Nous attendons encore l’adoption finale par le sommet à la fin de ce mois à New York".

L’Agenda 2030 "comporte un ensemble d'objectifs qui intègre de façon équilibrée les trois dimensions (économique, sociale et environnementale) du développement durable. Il poursuit un objectif premier, celui de l’éradication de la pauvreté."  Pour le ministre, "le programme d’action résultant de la Conférence d’Addis-Abeba sur le financement du développement constitue le pilier des moyens de mise en œuvre de l’agenda 2030. Il comporte aussi bien des moyens financiers que non financiers pour transposer le futur programme de développement".

Remerciant le  Parlement européen "du soutien qu'il a apporté tout au long du processus de négociation", le ministre a estimé que "nous devons maintenant passer à l'action, c'est-à-dire à la mise en œuvre de l'Agenda 2030. Pour ce faire, nous devons tout d'abord examiner l'ensemble des instruments dont nous disposons et déterminer s'ils sont adéquats".

L’Agenda 2030 constitue pour lui "une évolution notable par rapport aux Objectifs du Millénaire pour le Développement, par son caractère universel qui signifie qu’il devra être mis en œuvre par tous, à tous les niveaux de développement. Il  ne concerne pas seulement les pays en développement, il s'agit d'un programme pour un développement durable" qui concerne tous les pays qui y adhèrent, mais non seulement leurs gouvernements et leurs administrations publiques, mais l'ensemble des acteurs, y compris la société civile et le secteur privé.

Cette mise en œuvre conduira la Commission à examiner l'ensemble de la législation européenne dans les différents secteurs concernés et elle présentera le cas échéant au Parlement européen et au Conseil les propositions législatives appropriées. Les Etats membres devront également réviser leurs stratégies et instruments de développement durable à la lumière de l'Agenda 2030.

Pour réussir, "le programme intègre un mécanisme robuste de suivi et de contrôle qui a représenté l'une des difficultés principales lors des négociations", a expliqué le ministre, qui estime que l’UE et ses Etats membres disposent désormais "d'un cadre qui nous permettra d'évaluer les progrès réalisés et d'en rendre compte à nos citoyens." 

Il a annoncé que du côté du Conseil, les ministres du Développement et de l’Environnement aborderont la suite et la coordination du processus lors d’un déjeuner conjoint 26 octobre à Luxembourg.

Préparations pour la Conférence COP 21

Pour Nicolas Schmit, "il existe des liens forts entre le Programme de développement durable à l'horizon 2030 et la Conférence COP 21 qui aura lieu du 30 novembre au 11 décembre à Paris". La Présidence luxembourgeoise veillera  donc à ce que "l’UE s’appuie sur les progrès réalisés à Addis-Abeba et à New York pour faire en sorte que la Conférence de Paris soit marquée au sceau de la réussite".

La conférence de Paris devra selon la Présidence du Conseil "concilier le développement et l’action climatique", ce qu’il estime "possible et absolument indispensable". "C'est la raison pour laquelle l’agenda pour le développement durable à l’horizon 2030 a créé un nouvel objectif, l’action urgente pour combattre le changement climatique et ses conséquences. Cet objectif appelle notamment à un accord ambitieux et universel en décembre à Paris à la COP 21", a-t-il dit.

"La préparation de la COP21 est une des grandes priorités de la Présidence luxembourgeoise", a souligné le ministre. Les ministres des Finances avaient discuté du financement de la lutte contre le changement climatique lors de leur réunion informelle à Luxembourg le 11 septembre, et le 18 septembre, le Conseil Environnement devrait adopter des conclusions qui serviront de mandat en vue de la COP21.

"La position de l'Union européenne et de ses Etats membres est claire", a lancé Nicolas Schmit  qui a détaillé que  "l’accord de 2015 devrait être:

  • un accord universel et juridiquement contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète au moins en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels;

  • un accord fait pour durer, qui offre une vision à long terme de la transformation nécessaire vers des sociétés et des économies résilientes à faibles émissions de carbone et capable de résister aux effets du changement climatique;

  • un accord souple avec la capacité nécessaire pour réagir de manière dynamique à l'évolution des connaissances scientifiques et technologiques, des responsabilités et des capacités, et permettre une participation large et effective;

  • un accord comportant des mécanismes permettant de mesurer les progrès accomplis et d'en approfondir l’ambition. Il nous faut un régime solide fondé sur des règles, y compris des règles relatives à la surveillance et à la vérification des émissions applicables à tous les pays.  Les actions des parties devront être irréversibles et progresser  en faveur de faibles émissions de carbone.

  • Un accord avec un objectif à long terme qui doit envoyer un signal fort en vue de la transformation des trajectoires de développement des pays pour qu'ils deviennent des économies à faibles émissions de carbone et résistantes aux effets du changement climatique".

Il a conclu son intervention en insistant sur l’importance du financement de la lutte contre le changement climatique, "avec au cœur du dispositif un engagement de 100 milliards de dollars par an (publics et privés) d’ici à 2020 par les pays développés pour les pays les plus pauvres et les plus vulnérables, et plus largement, une réorientation des investissements vers les technologies bas-carbone et économiquement viables", afin que la croissance soit durable et réduise les inégalités qui provoquent les mouvements migratoires actuels.  

  • Mis à jour le 17-09-2015