Affaires économiques et financières
Réunion ministérielle informelle

La crise des réfugiés en Europe au cœur des déclarations en amont de la réunion informelle des ministres de l’Economie et des Finances à Luxembourg

11-09-2015

Pierre Gramenga à Luxembourg le 11 septembre 2015
© eu2015lu.eu / Charles Caratini
La crise des réfugiés en Europe a été au cœur des déclarations des ministres des Finances de l’Union Européenne (UE) à leur arrivée à la réunion informelle des ministres de l’Economie et des Finances des 11 et 12 septembre 2015 à Luxembourg. Bien que ce sujet ne figure pas à l’ordre du jour de la rencontre, le financement des mesures à prendre pour faire face à l’afflux de réfugiés en Europe avait fait l’objet de discussions lors d’un déjeuner de travail avec les responsables de la Banque européenne d’investissement (BEI).

Pour Pierre Gramegna, ministre luxembourgeois des Finances et président du Conseil "Affaires économiques et financières" (ECOFIN), il s’agit d’une "situation exceptionnelle, qui n’a jamais atteint cette ampleur depuis la fin de la seconde guerre mondiale". Le ministre, qui a évoqué les "besoins importants" en termes financiers des Etats membres qui accueillent les migrants, a indiqué que la BEI était prête à "mettre des moyens à disposition en vue de coopérer avec les Etats, les régions et les villes", tout comme elle le fait quand il s’agit de catastrophes naturelles.

Werner Hoyer, le président de la BEI, a évoqué la nécessité d’une "grande initiative européenne" car des "sommes énormes" sont nécessaires pour faire face à l’accueil et à l’intégration des réfugiés. Selon lui, il est "logique" que l’institution agisse "rapidement" en cas de "défi humanitaire", tout comme elle l’a déjà fait dans le cas de "catastrophes naturelles". Concrètement, les Etats membres, les collectivités territoriales et l’UE bénéficieront de "crédits à des taux préférentiels" qui seront levés proportionnellement à leur participation financière.

Le ministre finlandais des Finances, Alexander Stubb, a évoqué un "moment historique, une question de solidarité et d’humanité", voire "un moment déterminant de l’intégration européenne"  et la nécessité de trouver une "solution commune". Il a notamment annoncé que la Finlande avait décidé de prendre part au système des quotas, en insistant sur le fait qu’elle le faisait sur "base volontaire". Conformément aux propositions de la Commission, la Finlande accueillera donc entre 20000 et 30000 réfugiés en 2015, dont 2400 dans le cadre du mécanisme de relocalisation, a annoncé le ministre. Pour financer l’accueil des migrants, Alexander Stubb a encore évoqué une future "loi de solidarité", soulignant la "sympathie et l’empathie" dont font preuve les Finlandais envers les migrants et leur "compréhension" face à leurs besoins.

Magdalena Andersson, la ministre suédoise des Finances, a rappelé que son pays comptabilisait le plus grand nombre de demandeurs d’asile par habitant en Europe. "Bien sûr, à court terme, cela fait pression sur nos finances publiques mais je suis convaincue que quand ces personnes commenceront à travailler en Suède, elles contribueront aussi à nos finances publiques et à la croissance du pays", a-t-elle dit. Elle a aussi rappelé le "défi démographique" auquel est confronté la Suède, comme beaucoup d’autres pays européens. "Cela représente un grand potentiel pour notre économie, mais aussi pour le reste de l’Europe" a-t-elle ajouté. La ministre, convaincue du fait que le système des quotas devrait être "obligatoire", a également souligné la nécessité d’une plus grande solidarité entre les Etats membres afin d’avoir une meilleure répartition des demandeurs d’asile dans l’UE.

Pour le ministre lituanien des Finances, Rimantas Šadžius, qui a annoncé que le gouvernement lituanien avait accepté la proposition de la Commission d’accueillir plus de 1000 réfugiés, "il est de notre intérêt commun de tirer le meilleur parti de cette situation". "Cela sera bénéfique pour la société lituanienne et pour les compétences économiques du pays", a-t-il dit, rappelant que la Lituanie avait dû revoir ses perspectives de croissance pour 2015 à la baisse, à 1,9 %.

Enfin, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la fiscalité à et l'union douanière, Pierre Moscovici, a parlé d’un "problème existentiel pour l’Union européenne". "Il s’agit de défendre nos valeurs, il faut donc une réponse européenne, généreuse, humaine et efficace", a-t-il dit, soulignant les "besoins de l’économie européenne", notamment en termes démographiques. "L’impact économique de ces migrations n’est pas un impact négatif", a souligné le commissaire. "Les 160 000 réfugiés que la Commission propose d’accueillir correspondent à 0,07 % de la population européenne. Soyons à la hauteur de notre responsabilité, de notre histoire, de nos valeurs", a-t-il conclu. 

  • Mis à jour le 14-09-2015