Affaires institutionnelles - Education, jeunesse, culture, sport
Ministres au Parlement européen

Maggy Nagel et Claude Meisch ont présenté les priorités de la Présidence luxembourgeoise devant la commission CULT du Parlement européen

Nagel-MeischLa Ministre de la Culture, Maggy Nagel, et le ministre de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, ont présenté le 14 juillet 2015 les priorités de la Présidence luxembourgeoise en matière de culture, d’éducation et de jeunesse à la commission Culture et éducation (CULT) du Parlement européen réunie à Bruxelles.

Culture : la Présidence luxembourgeoise mettra l’accent sur la culture et la coopération au développement

L’enjeu de la Présidence luxembourgeoise consistera à « continuer à investir tous nos efforts pour démontrer que le développement et l’avenir de l’Union européenne passe aussi par la culture », a rappelé Maggy Nagel en guise d’introduction à son discours.

Ainsi, la Présidence s’attachera à mettre en évidence le « rôle et la contribution transversaux que la culture (…) peut apporter aux objectifs des politiques de l'Union européenne ». Il s’agira de mettre l’accent sur « la prise en compte plus horizontale, plus stratégique et plus cohérente de la culture en tant qu'élément indispensable dans les relations extérieures de l'Union européenne, 3e objectif de l’Agenda européen de la culture et 4e priorité du Plan de travail 2015-2018 du Conseil », a fait savoir Maggy Nagel.

A l’heure de l’Année européenne pour le développement, la Présidence a choisi de se concentrer sur la culture et la coopération au développement. Un choix qui s’explique aussi selon Maggy Nagel par le fait que la cohérence des politiques pour le développement est une des priorités de la Présidence luxembourgeoise au Conseil des ministres chargés du développement ou encore par le fait que les négociations aux Nations Unies relatives aux Objectifs du développement durable entreront dans leur phase finale en automne 2015.

Dans ce contexte, la Présidence organisera une conférence intitulée « Culture et développement : vers une approche plus stratégique des politiques culturelles dans les relations extérieures de l’UE », qui se tiendra à Luxembourg les 3 et 4 septembre prochains. Cet événement permettra notamment d’étudier les manières dont la culture peut contribuer à la mise en œuvre et à la réalisation des Objectifs du développement durable.

La ministre a encore évoqué les priorités de la Présidence dans le domaine audiovisuel et plus particulièrement en ce qui concerne la stratégie pour un marché unique numérique que la Commission européenne a présentée le 6 mai 2015. Dans ce contexte, Maggy Nagel a souligné la nécessité de « faire disparaître les barrières afin de permettre aux contenus européens de circuler (…) sans discrimination en fonction du lieu de résidence ou de la nationalité ».

Au sujet de la modernisation des règles en matière de droit d’auteur, Maggy Nagel a assuré que la Présidence examinera les propositions législatives présentées le cas échéant dans ce domaine au cours des six prochains mois.

Enfin, la Présidence luxembourgeoise suivra avec un grand intérêt le dossier sur le blocage géographique, a fait savoir la ministre. Elle apporte d’ailleurs tout son soutien à la Commission qui a annoncé pour début 2016 des mesures ayant pour but de mettre fin à de telles pratiques, a assuré Maggy Nagel.

Education : la Présidence se concentrera sur l’inclusion de tous les jeunes dans une éducation de qualité 

En matière d’éducation, la Présidence a choisi de mettre l’accent sur « l’inclusion de tous les jeunes dans une éducation de qualité », a fait savoir Claude Meisch. Une inclusion qui, selon lui, est une « condition préalable pour promouvoir aussi bien l’employabilité des jeunes, la citoyenneté active et l’adhésion aux valeurs européennes communes », et devrait concerner les enfants et les jeunes « de toute origine sociale, culturelle et linguistique ».

Rappelant que l’éducation est un domaine qui relève essentiellement de la compétence des Etats membres, Claude Meisch a souligné le rôle de l’Union européenne (UE) en la matière : « inspirer, compléter et soutenir les réformes entreprises au niveau national, en particulier par l’échange de bonnes pratiques ».

Un élément principal du programme de la Présidence consistera  en l’adoption du rapport conjoint du Conseil et de la Commission européenne concernant les progrès réalisés dans la mise en œuvre du cadre stratégique ET2020. Cet instrument vise à structurer la coopération européenne dans le domaine de l’éducation et de la formation et a été adopté en mai 2009 par les Etats membres de l’UE.

La Présidence luxembourgeoise dressera un bilan des mesures entamées et des efforts à poursuivre par l’UE et ses États membres pour réduire davantage le décrochage scolaire en Europe, a fait savoir Claude Meisch. Un symposium à ce sujet a d’ailleurs eu lieu les 9 et 10 juillet 2015 au Luxembourg. Sur base des résultats de la réunion, le Luxembourg proposera un projet de conclusions aux ministres de l’Éducation lors du Conseil "Education, jeunesse et culture" de novembre 2015, a annoncé le ministre.

D’autre part, le Luxembourg organisera les 10 et 11 septembre 2015 une conférence sur « La diversité et le multilinguisme dans l’éducation et l’accueil de la petite enfance ». Cette conférence permettra « d’identifier des leviers, des actions politiques et des bonnes pratiques qui permettent de répondre aux besoins de tous les jeunes enfants dans un contexte de multilinguisme et de diversité. »

Enfin, le Grand-Duché a prévu d’organiser, en coopération avec l’Agence européenne pour l'éducation adaptée et inclusive, une audition à laquelle seront conviés à s’exprimer des jeunes Européens ayant ou non des besoins éducatifs spécifiques. Ces jeunes Européens auront alors l’opportunité d’élaborer des recommandations sur l’éducation inclusive qui seront portées à la connaissance des Ministres de l’Éducation lors du Conseil de novembre 2015, a encore annoncé Claude Meisch.

Dans le domaine de la jeunesse, la Présidence luxembourgeoise arrive au moment où un cycle de dialogue structuré avec la jeunesse en Europe arrive à son terme, a souligné Claude Meisch, et où se termine la mise en œuvre du premier plan de travail de l’Union européenne pour la jeunesse ». Il s’agira donc de « faire le bilan, mais également de jeter les bases pour les années à venir », a indiqué le ministre.

La Présidence luxembourgeoise visera également à « développer les synergies européennes nécessaires afin de renforcer la participation des jeunes à la vie démocratique en Europe ». Elle proposera pour se faire au Conseil une résolution à ce sujet.

Lors de la Conférence européenne de la Jeunesse, qui se tiendra à Luxembourg du 21 au 24 septembre et qui marquera la fin de l’actuel cycle de dialogue, les jeunes auront l’occasion de tenir compte de l’avis des ministres et de produire des recommandations finales, qui seront alors soumises aux ministres de la Jeunesse lors de la réunion du Conseil en novembre 2015, a encore annoncé Claude Meisch.

Par ailleurs, la Présidence visera à adopter un rapport conjoint 2015 du Conseil et de la Commission sur la jeunesse, faisant un bilan intermédiaire de la mise en œuvre du cadre renouvelé pour la coopération européenne dans le domaine de la jeunesse.

Enfin, elle proposera d’adopter un projet de résolution sur un plan de travail de l'UE en faveur de la jeunesse. Ce plan de travail présentera notamment les grandes priorités des politiques de la jeunesse sur le plan de l’Union de 2016 à 2018.

Les questions des eurodéputés

En réponse à l’intervention d’une eurodéputée sur la baisse des fonds alloués à la culture, Maggy Nagel a indiqué que pour contrer la tendance, il faudra « œuvrer en faveur de la transversalité de la culture », tout en saluant le fait que le budget adopté en 2016 pour le projet Europe créative est supérieur à celui de 2015, « ce qui est un bon signe ».

Interrogée sur le géoblocage, la ministre de la Culture a assuré que la Présidence ferait tout pour trouver une solution avec le Premier Ministre, ministre d’Etat, Xavier Bettel.

En matière de droit d’auteur, Maggy Nagel a indiqué que le défi sera de « concilier la circulation et l’accessibilité des œuvres tout en respectant le droit des auteurs à obtenir rémunération équitable ».

Quant à Claude Meisch , il a promis que la Présidence allait « essayer d’insister sur le multilinguisme dans cette grande Europe », où les échanges culturels et économiques sont  « uniquement possibles  si on maîtrise plusieurs langues », tout en rappelant qu’en la matière, c’est le principe de subsidiarité qui est appliqué dans l’UE.

Au sujet des investissements dans le domaine de l’éducation, Claude Meisch a souligné qu’ils étaient importants si l’on veut « développer l’avenir » et «  avoir du succès au niveau économique ». Il faut « transmettre des compétences à la future génération pour leur permettre plus tard de prendre les bonnes décisions et les former en tant que citoyens responsables, en mesure de participer à un débat démocratique », a-t-il encore indiqué.

  • Mis à jour le 14-07-2015