Justice et Affaires intérieures
Réunion ministérielle informelle

Conseil JAI informel – Si la sécurité intérieure reste une responsabilité des Etats membres, "l’Union européenne peut apporter une valeur ajoutée en la matière", a déclaré Etienne Schneider

09-07-2015

Le ministre de la Sécurité intérieure Etienne Schneider et le commissaire européen Dimitris Avramopoulos, lors de la conférence de presse suivant la réunion informelle "Justice et Affaires intérieures"
© eu2015lu.eu / Charles Caratini
Le 9 juillet 2015 a eu lieu à Luxembourg la partie de la réunion informelle des ministres de la Justice et des Affaires intérieures (JAI) consacrée aux questions de sécurité intérieure, dont la lutte contre le terrorisme, le cyberterrorisme et la cybersécurité. Au cours de la conférence de presse qui a suivi la réunion, le ministre luxembourgeois de la Sécurité intérieure Etienne Schneider, qui présidait la réunion, a également rappelé les priorités de la Présidence en matière de sécurité, convaincu que si la sécurité intérieure reste une responsabilité des Etats membres, "l’Union européenne peut apporter une valeur ajoutée en la matière".

Les priorités de la Présidence luxembourgeoise en matière de sécurité

Au cours des six prochains mois, la Présidence luxembourgeoise se concentrera sur la lutte contre le terrorisme, en veillant à poursuivre la mise en œuvre des mesures de la déclaration des dirigeants européens réunis le 12 février 2015 en Conseil informel et ce, "dans le respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et du principe de proportionnalité", a assuré Etienne Schneider. La lutte contre le crime organisé constituera une autre priorité. Il s’agira d’assurer la mise en œuvre de la Stratégie de sécurité intérieure renouvelée, en "travaillant main dans la main avec la Commission européenne tout en tenant compte de la contribution du Parlement européen et en impliquant les Etats membres et les agences spécialisées", a indiqué le ministre.

La Présidence aura également comme objectif de "boucler des dossiers législatifs de première importance", notamment le nouveau règlement Europol, pour lequel les discussions en trilogue ont lieu actuellement, a indiqué le ministre, et la directive PNR (Passenger Name Record), qui devra être soumise au vote de la Commission LIBE (Libertés civiles, justice et affaires intérieures) du Parlement européen le 15 juillet 2015. Etienne Schneider a par ailleurs annoncé qu’il rencontrerait le président de la commission LIBE Claude Moraes en vue de discuter du sujet au cours d’une entrevue bilatérale dans l’après-midi du 9 juillet.

La lutte contre le terrorisme

Le ministre de la Sécurité intérieure Etienne Schneider, lors de la réunion informelle des ministres de la Justice et des Affaires intérieures du 9 juillet 2015
© eu2015lu.eu / Luc Deflorenne
Les ministres ont discuté de la lutte contre le terrorisme au cours d’une session qui s’est déroulée en "forme restreinte étant donné la sensibilité du sujet", a fait savoir Etienne Schneider, qui n’a de ce fait pas pu révéler trop de détails sur la teneur des discussions. Des représentants du groupe antiterroriste GAT, composé de services de renseignement des Etats membres de l’UE, ont présenté aux ministres leur organisation et leur mode de fonctionnement, a indiqué Etienne Schneider, qui a rappelé la nécessité de "mobiliser pleinement cette enceinte dans la lutte contre le terrorisme". Le ministre a également plaidé pour une collaboration plus étroite avec les services de renseignement et les agences européennes. "Les échanges d’information doivent être à la hauteur de ce contre quoi nous voulons lutter", a-t-il indiqué.

En réponse à la question d’un journaliste concernant une éventuelle adaptation du système Schengen, Etienne Schneider a indiqué que Schengen ne devait "pas être remis en question" car ceci voudrait dire que "ceux qui désirent réduire les libertés auraient atteint leur objectif". A ses yeux, "il doit y avoir d’autres chemins pour garantir la sécurité".

Le commissaire Dimitris Avramopoulos, en charge de la Migration, des Affaires intérieures et de la Citoyenneté, a pour sa part pointé la nécessité de "rester vigilent et déterminé" car "nous ne pouvons pas exclure de nouvelles menaces et attaques terroristes".

Le cyberterrorisme et la cybersécurité

La deuxième session de travail de la réunion informelle a été consacrée au cyberterrorisme et à la cybersécurité. Dans ce contexte, les ministres ont reçu Patrick Ky, directeur exécutif de l’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA), qui a abordé le thème de la cybersécurité dans l’aviation civile. "La menace est omniprésente et il faudrait beaucoup plus de collaboration et d’échange entre les administrations des aviations civiles", a indiqué Etienne Schneider, rapportant les propos de Patrick Ky.

Des experts luxembourgeois dans le domaine de la sécurité informatique sont également intervenus et ont pointé la vulnérabilité de certains sites internet et des réseaux informatiques. "Le but de cette présentation était de souligner l’importance de la sensibilisation des acteurs clé, de la prévention dans ce domaine et de la nécessité d’une coopération efficace entre les autorités compétentes, notamment les Computer Emergency Response Teams (CERT)", en vue d’assurer la "protection des données de nos citoyens et de nos entreprises face à une menace de plus en plus présente", a indiqué le ministre.

Le commissaire Avamopoulos a quant à lui rappelé que la cybercriminalité était l’une des priorités principales de l’Agenda renouvelé en matière de l’agenda européen en matière de sécurité de la Commission européenne.

En conclusion, Etienne Schneider a indiqué que l’Union européenne doit "donner une réponse unie et forte" en matière de lutte contre le terrorisme, "dans le respect le plus total des grands principes de libertés fondamentales et de la proportionnalité", et ce même si la sécurité intérieure relève de la responsabilité des Etats membres. Par ailleurs, une prévention solide accompagnée d’information et de formation est nécessaire, compte tenu de l’évolution constante de nos technologies informatiques, qui rend nos systèmes vulnérables, a estimé le ministre.

  • Mis à jour le 09-07-2015